Le 9 janvier 1642 Galilée mourait à Arcetri, près de Florence, où il était assigné à résidence forcée depuis 1633. La rigueur de la condamnation prononcée par l’Église n’avait pas été atténuée par sa cécité, totale depuis 1638.

Encore avait-il sauvé sa vie en faisant une rétractation navrante, qui nous fait honte aujourd’hui encore.

« Moi, Galileo Galilei, Florentin de soixante-dix ans, constitué personnellement en jugement et agenouillé devant vous, éminentissimes et révérendissimes cardinaux de la république universelle chrétienne, inquisiteurs généraux, ayant devant les yeux les saints et sacrés Évangiles, que je touche de mes propres mains, je jure que j’ai toujours cru, que je crois maintenant et que, Dieu aidant, je croirai à l’avenir tout ce que tient, prêche et enseigne la Sainte Église, apostolique et romaine… »

Quel était le crime de cet homme qui a définitivement marqué l’histoire des sciences et de la pensée ?

« J’ai été véhémentement suspect d’hérésie pour avoir soutenu et cru que le soleil était le centre du monde et immobile et que la terre n’était pas le centre et qu’elle se mouvait… »

Pour alléger la responsabilité de ses juges on a dit qu’ils connaissaient la vérité et en convenaient, en privé. Je ne vois pas en quoi cela les excusait ; je trouve au contraire que le scandale est plus grand. Ils ont, comme toujours, préféré sacrifier la vérité et la justice, à l’intangibilité des dogmes. Que deviendrait, en effet, l’ascension du Christ vers les hauteurs célestes si la terre n’est pas le centre de l’univers ? Ou la localisation de l’enfer, traditionnellement situé dans les bas-fonds ? Cette bataille contre la liberté de l’esprit et le progrès des connaissances n’a jamais cessé. Lors de la promulgation des Droits de l’homme, le pape de l’époque a proclamé que ces droits sont en opposition avec ceux de Dieu ; il n’a pas tort : il s’agit bien de deux philosophies radicalement différentes.

S’il fallait choisir un maître-mot pour la philosophie des droits de l’homme (et si j’osai : de toute philosophie), un concept qui ordonnerait tous les autres, celui d’humanisme me paraît celui qui conviendrait encore le mieux. À quoi sert la connaissance sinon, par delà le plaisir de la curiosité, à maîtriser le réel à notre profit ? La morale, sinon à régler notre conduite en vue d’une meilleure vie commune ? À quoi sert la métaphysique, dont la religion est l’une des expressions, sinon à mieux nous situer dans l’univers ?

J’ai l’air de cultiver le paradoxe ; jamais, semble-t-il, l’humanisme ne s’est si mal porté. Ne parlons pas de ces pays où il n’a aucune place dans les préoccupations des puissants, ni de ceux où la religion exige de l’homme une totale soumission à Dieu et à ses servants. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes ; le pouvoir politique et le pouvoir clérical se prêtant, l’un l’autre, main-forte. Même en Europe, qui eut l’honneur d’en être le berceau, à peine le totalitarisme soviétique commence-t-il à reculer que pointe le danger d’un totalitarisme clérical. On assiste à une extraordinaire offensive contre les humanistes, assimilés, en un amalgame douteux, aux athées et aux païens, dénoncés comme des incarnations du diable. Seule une « ré-évangélisation de l’Europe », rappelle sans cesse le pape actuel, c’est-à-dire seul un nouvel ordre clérical, pourrait nous exorciser contre le risque de destruction de la civilisation. Dans les pays d’Islam, à peine l’humanisme a-t-il montré le bout de son nez qu’il est pourchassé, anathématisé. Heureusement, si l’on peut dire, que le capitalisme libéral ne s’accommode guère d’une société rigidement tenue par les prêtres ! Mais cette contradiction n’est qu’à moitié rassurante ; le capitalisme, fût-il libéral, ne vient nullement, pour cela, au secours de l’humanisme. Le capitalisme ne fait de place à l’homme que parce que, vendeur, il lui faut des acheteurs. Il se soucie plus de vendre que de celui à qui il vend. De toutes façons, tant pis pour les démunis, les fragiles, les marginaux. Enfin, il l’a suffisamment démontré dans le passé, il n’hésitera guère à recourir à la violence et au massacre si ses intérêts se trouvaient menacés ; on passe bien vite alors du capitalisme libéral au fascisme, c’est-à-dire à l’écrasement de l’homme.

Tout cela n’a rien de surprenant. Si l’humanisme est cette philosophie qui s’obstine à donner priorité à l’homme, il est normal qu’il soit suspecté, contesté, brimé par toutes les formes d’organisation sociale qui prétendent servir, d’abord, les groupes ou les idéologies. Dans l’Encyclopedia Universalis, qui aurait mérité plus d’objectivité, le rédacteur de l’article Humanisme, pourtant professeur d’université, reprenant complaisamment le thème à la mode de « la mort de l’homme », écho de « la mort de Dieu » proclamée par Nietzsche, cache à peine son dédain. Un philosophe professionnel écrit dans un grand quotidien :

« … l’homme, s’il se limite à la seule visée humaniste, et au rapport réversible de l’homme avec l’homme, restera toujours pris dans les laces du Même, sans possibilité d’élévation ou de compréhension pour ce qui lui est étranger. »

Qu’en termes savants ces sottises sont-elles formulées ! Pourquoi être humaniste empêcherait de comprendre les hommes ? Pourquoi faut-il faire le détour par Dieu ? Pourquoi cette impossibilité d’« élévation », sinon que l’on ramène, comme d’habitude, toute l’élévation spirituelle à l’élévation religieuse, sinon à l’élévation physique, vers le ciel ? Le bout de l’oreille est trop visible : il s’agit toujours de réduire la part de l’homme, sinon de le sacrifier, au profit de celle de l’église, de la nation ou de la révolution. « Seul Dieu est grand ! » crient en toute occasion les islamistes, « On ne transige pas avec Dieu ! », répète le recteur de la Mosquée de Paris, « Dieu premier servi », insiste le rabbin Eisenberg, le grand rabbin de France, plus audacieux ou plus naïf, le rappelle plus crûment : « Nous sommes des croyants avant d’être des hommes » ; « Dieu d’abord ! » est le titre d’une page entière, régulière, du journal Présent, intégriste catholique et nationaliste. Il n’y a guère les nationalistes allemands proclamaient « L’Allemagne au-dessus de tout ! » ; voici maintenant la sacralisation des frontières. Ah ! si, un jour, nous adoptions avec la même fermeté la devise : « L’homme d’abord ! », « On ne transige pas avec l’humain ! ». Nous n’aurions plus besoin alors des idoles et des dieux, car, selon l’excellente formule d’un humaniste contemporain, s’il « n’y a rien à croire ni à espérer… il y a à vivre et à aider » (Jean Cassou).

On ironise volontiers sur la précarité de l’humanisme ; à peine est-il né qu’il serait déjà mort. Il pèserait vraiment très peu au regard de tant de doctrines vénérables. Et, sans doute, le mot humanisme, qui vient de l’allemand humanismus, date seulement de 1850 environ. Il faut attendre Proudhon pour le voir utilisé couramment ; il suscite alors quelque enthousiasme pour accompagner le socialisme naissant ; mais avec les doutes et les échecs de l’utopie socialiste, le cœur n’y est plus. Mais si le terme d’humanisme est effectivement récent, la philosophie humaniste ne le cède en rien, par l’ambition et l’ancienneté, aux autres doctrines. Protagoras, sophiste grec du Vᵉ siècle av. J.-C., serait en somme l’ancêtre et le premier concepteur de l’humanisme ; puis, pourquoi pas, Socrate qui, inlassablement, avec une patiente ironie, assure, fortifie contre tous les dogmatismes, l’esprit de ses interlocuteurs. Il serait véridique de noter que l’affirmation de la prééminence de l’homme, et de l’humain en l’homme, passe par des hauts et des bas. Disons qu’il a toujours existé deux traditions, qui tantôt s’allient, tantôt s’excluent plus ou moins, sans y arriver jamais tout à fait, parce qu’elles correspondent à deux besoins différents, peut-être incoercibles : la préoccupation de l’humain et celle d’un au-delà de l’humain. Les penseurs religieux eux-mêmes ont souvent tenté une synthèse de l’humanisme avec la foi. « Saint Socrate priez pour nous ! » s’est exclamé, peut-être sans rire, l’un d’eux. Les persécutions n’arrivèrent jamais à réduire totalement la ténacité du courant humaniste, même en milieu fidéiste. Le moyen-âge, où triomphent les pouvoirs cléricaux, en voit évidemment une éclipse apparente, mais il continue à cheminer, plus ou moins masqué, dans les œuvres. La renaissance, italienne d’abord, puis française et européenne, renoue, ouvertement cette fois, avec l’humanisme ; elle est à la recherche d’un modèle d’homme complet, libre et épanoui. En 1486 déjà, Pic de la Mirandole publie son livre au titre manifeste De la dignité de l’homme, où il affirme qu’il a trouvé :

« dans les livres des Arabes qu’on ne peut rien voir de plus admirable que l’homme ».

Le XVIIIᵉ siècle français et anglais sera le grand siècle de l’humanisme, avec la grande revendication du bonheur pour tous, et même la réhabilitation du plaisir. Dorénavant, sous des formes variées, à des degrés divers, l’humanisme ne quittera plus la scène philosophique et culturelle. Même le curieux XIXᵉ siècle demeure, à travers ses régressions, sa soumission aux instances traditionnelles, un héritier de J.-J. Rousseau ; son ambiguïté est manifeste chez Chateaubriand, Renan, Taine et Michelet, puis dans le marxisme, l’existentialisme et même un certain christianisme, qui renoue avec « Saint Socrate », celui de Gabriel Marcel et Emmanuel Mounier, se veulent des humanismes, chacun à sa manière il est vrai.

Au point que cette flexibilité est l’occasion d’une ironie supplémentaire, alors que j’y trouve au contraire un motif d’admiration et d’espoir. L’humanisme laisse intactes les possibilités de cohabitation entre des hommes différents et qui tiennent à leurs différences, s’ils arrivent à se mettre d’accord sur quelques principes communs. Ce qui n’est tout de même pas le cas des doctrines rivales ! L’humanisme n’est heureusement pas une dogmatique philosophique, ou une foi, exclusive des autres, au nom de textes intouchables, où il suffit de découvrir la bonne citation pour clore triomphalement le débat, comme dans les joutes sorbonnardes : « Aristote a dit… » (voir art. Scolastique).

Quels seraient donc ces principes ? Sous les habillages divers, dus aux circonstances de l’histoire et de la géographie, on pourrait, me semble-t-il, résumer l’essentiel de l’humanisme en trois propositions :

La première proposition peut être illustrée par la formule définitive (aussi définitive en tout cas que pourrait l’être la civilisation) : l’homme est la mesure de tout. Comme pour la plupart des pré-socratiques, dont nous n’avons plus que des fragments, nous ne savons guère ce que le philosophe grec a voulu mettre dans ce raccourci ; mais je sais ce que, moi, je veux entendre derrière cette superbe bannière : l’homme doit être le centre, le critère et le but de la connaissance et de l’action.

Je ne développerai pas ici ce programme en détail ; disons que les intérêts et le respect de l’homme doivent toujours passer avant les autres. Avant tous les autres ? Même avant ceux de la science ? Oui, même avant ceux de la science, de l’art ou de la religion ! Il existe aujourd’hui un grand débat sur l’importance de la science. À la suite de l’extraordinaire développement des sciences, biologiques en particulier, les « comités d’éthique » sont souvent embarrassés : quelles sont les limites de la liberté du savant ? Doit-on accepter toutes les applications de la recherche ? La réponse est pourtant simple : lorsqu’il y a doute, reportons-nous à l’homme ; demandons-nous inlassablement : est-ce que cela est bon pour lui ? Rappelons-nous sans cesse que la science, l’art, la religion, le droit, sont faits pour l’homme et non l’inverse. Il y a aussi dans l’humanisme, il faut le rappeler, un eudémonisme : on y cherche toujours à augmenter le bien-être du plus grand nombre, selon le principe des empiristes anglais du XVIIIᵉ siècle. Du reste, dès que l’on oublie cela, on tombe toujours dans quelque idolâtrie.

C’est encore ce relativisme, avec l’homme comme repère, qui inspire une méthode d’approche du réel. Nous ne savons pas si notre esprit peut atteindre « le fond des choses », « l’essence » par delà les « phénomènes » (si ces expressions ont un sens), mais nous savons que nous ne disposons que de notre esprit pour comprendre le réel, et que son outil principal est la raison. Il s’ensuit non un dogmatisme orgueilleux, comme on le prétend quelquefois, mais au contraire une modestie systématique. La critique des faits et des événements, que nous exigeons de l’esprit, avec l’aide de la raison, nous la réclamons de l’esprit à l’égard de lui-même. Ce que l’on nomme justement l’esprit critique, c’est-à-dire l’esprit critique de lui-même, par rapport à l’esprit d’autorité, lequel est une renonciation, par l’esprit, à sa propre liberté. Ce relativisme critique, qui conduit au relativisme historique et culturel, exige la tolérance et la mesure. L’humanisme débouche sur une sagesse.

Car, il s’agit bien d’une philosophie de l’homme et de l’humain. Si l’on comprend qu’elle suscite discussion, par quel scandaleux retournement de sens, les dogmatiques en tous genres, chauvins et intégristes, osent-ils mettre en doute sa noblesse ? Un cardinal a osé stigmatiser, dans une déclaration publique, l’humanisme comme synonyme de pouvoir de l’argent, du sexe et de la violence ! Alors que c’est la seule philosophie qui défende l’homme contre toutes les idolâtries, religieuses, financières ou politiques, et même contre l’homme lui-même.

La seconde proposition, sans laquelle la première risque de demeurer abstraite, considère la totalité de l’homme concret, souffrant et se réjouissant ; l’homme individuel et non seulement l’homme universel. Elle pourrait avoir comme devise celle du poète latin Térence, laquelle pourrait servir également pour la troisième proposition : Rien de ce qui est humain ne nous est étranger. Les beaux esprits vont encore sourire : tout cela est bien vieux, « ringard » comme on dit aujourd’hui. Mais oui, précisément, l’humanisme est une vieille affaire, recouverte par les vagues déferlantes de tous les totalitarismes. Les sages grecs ont dit à peu près ce qu’il fallait dire sur la conduite humaine, sa complexité et ses difficultés. Faut-il renoncer à ce patrimoine, sous le prétexte qu’ayant résisté au temps, il est devenu banal ? Et que le judéo-christianisme a plutôt appauvri ?

La devise de Térence peut signifier que l’on doive s’intéresser à tous les aspects de l’homme, ou à tous les hommes qui forment ainsi une même humanité. Dans le premier sens, l’homme possédant ou plutôt étant, à la fois, un corps, un esprit, un être social et un être imaginaire, l’humanisme ne dédaigne aucun de ces aspects, nonobstant une préférence pour tel ou tel d’entre eux. L’homme est un animal, dans son fonctionnement biologique, dans une large partie de sa psychologie, dans sa participation à un être collectif, comme le sont les animaux sociaux, peut-être même dans sa vie fictionnelle ; car nous le savons maintenant, les animaux aussi rêvent, appréhendent, espèrent. À la formule de Térence, on pourrait ajouter ici la fameuse remarque de Pascal sur l’ange et la bête qui sont également en nous. L’attention au corps, à ses réalités, à ses légitimes nécessités, besoins et désirs, et même plaisirs, ne signifie nullement que l’humanisme n’est pas soucieux de ce qui est spécifiquement humain dans l’homme, c’est-à-dire sa culture, le développement particulier de sa raison et la recherche d’une éthique, c’est-à-dire d’une régulation de sa vie collective. Les accusations portées contre l’humanisme, parce qu’il refuse de considérer séparément l’ange dans l’homme, sont dérisoires et suspectes. Une longue lignée d’humanistes a démontré, avec éclat, que le respect de l’esprit et de ses libres productions est, chez eux, plus grand qu’ailleurs ; au détriment souvent de leur tranquillité personnelle, et même quelquefois de leur vie. En somme, cette deuxième proposition conduit à une anthropologie compréhensive, ouverte à tous les aspects de la réalité humaine, sans exclusive d’aucune sorte, du sexe par exemple, comme l’exigent souvent nos religionnistes.

Enfin, l’homme est un être social même lorsqu’il vit en solitaire ; il est constitué, littéralement, par ses rapports avec différents partenaires, depuis sa naissance et tout le long de sa vie ; dans ses retraites les plus hermétiques, les plus éloignées, il emporte avec lui les acquis de la civilisation ; il continue jusque dans son imagination à dialoguer avec ses semblables absents. La sociabilité de l’homme s’édifie du groupe le plus étroit, celui qu’il forme avec ses géniteurs, puis avec ses frères et sœurs, jusqu’à l’ensemble des hommes vivant sur la terre. Montesquieu, dans une formule d’une parfaite généralité, a proposé de privilégier toujours le plus large sur le plus étroit : l’humanité sur la nation, la nation sur la région, la région sur le clan, le clan sur la famille. On peut discuter cet ordre ; il reste que tout ce qui est humain nous concerne, nous émeut. Nous appartenons à plusieurs groupes et, d’une certaine manière, à tous, quelle qu’en soit la hiérarchie. Nous nous sentons, nous sommes en quelque mesure, solidaires de tous les hommes : ce n’est pas seulement un vœu éthique, mais un fait, de plus en plus évident aujourd’hui. Nos liens économiques, culturels, écologiques s’affirment tous les jours davantage, de sorte que l’universalisme s’inscrit de plus en plus dans nos existences, après avoir été un dessein plus ou moins utopique. Si la morale est l’ensemble des règles normatives qui nous permettent de vivre ensemble, nous avons, plus que jamais, besoin d’un art de vivre dans ce grand ensemble commun que devient l’humanité. Le débat sur l’Europe n’est que le prélude à un débat plus universel. Bref, il nous faut une Loi commune, assortie, osons le dire, d’une force commune ; être humaniste ne signifie pas être utopiste ou étourdi, ou lâche. Certes, le changement étant inquiétant, ce passage suscite des résistances, sinon des convulsions, ou même quelques retours en arrière, comme chez un cheval qui recule devant l’obstacle. Mais qui songe sérieusement à empêcher la diffusion à l’échelle planétaire des programmes de télévision ou à refuser les nouveaux moyens de communication ? Lesquels se traduisent déjà par une connaissance historiquement inouïe de nos semblables.

C’est encore une ambition humaniste que l’on retrouve dans un éventuel quatrième sens de l’humanisme : mieux connaître les hommes dans leur fond commun, par delà leur diversité, grâce à l’étude de leurs langues, de leurs écrits traditionnels, de leurs sagesses respectives. Cela s’appelait naguère d’un beau titre : Les humanités, grâce auxquelles chacun se familiarisait avec les différents héritages culturels, se les appropriait en quelque sorte pour composer un immense héritage commun. Jamais comme aujourd’hui ce rêve n’a eu plus de chance de se transformer en réalité. Nous commençons enfin à forger notre véritable Histoire commune. Bref, si la première formule est relative à la psychologie et à la physiologie, la seconde à l’anthropologie, la troisième concerne la morale et la culture ; une quatrième serait relative à la culture. L’humanisme est en effet une philosophie complète, connaissance et conduite, qui part de l’homme et y retourne.

Je terminerai par trois remarques :

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