Israël a constitué pour moi dès sa découverte en 1961 une rencontre qui m’a bouleversée. C’est un lieu où s’enracine mon identité de façon authentique tant de façon charnelle que spirituelle. J’ai alors commencé à apprendre l’hébreu et j’ai toujours continué.

J’ai fait des séjours d’été pour travailler l’hébr eu. J’ai ainsi suivi les cours de l’Université de Jérusalem où j’ai pu assister avant la 1ère Intifida, à une conférence de Ziyad Abu Zayyad, traduite par un collègue et ami anglais. Il est certain que le contexte de la société israélienne n’était pas la même à cette époque là. Depuis la mort de Rabin bien des espoirs de paix ont été perdus. Je me sens toujours proche d’amis israéliens qui représentent une minorité très pessimiste (aussi bien en ce qui concerne les israéliens que les palestiniens)à l’heure actuelle.

Depuis 1990 je fais partie du conseil d’administration d’une association professionnelle franco-israélienne qui organise des congrès alternés en Israël et en France. Le 1° se déro ula en Israël au début de la Guerre du Golfe.

Mes recherches et écrits professionnels ne concernent pas directement Israël. Ils sont centrés pour certains sur les conséquences de la Shoah sur les descendants des exterminés et la transmission du traumatisme.

L’existence d’Israël représente le retour possible à l’identité “hébreu” renouvelée, re v isitée et enrichie par la polyphonie interculturelle apportée par la diaspora.

La disparition d’Israël est pour moi impensable! Enfin pour l’anecdote, je signale qu’en ce moment mon petit-fils est entrain de jouer en Amérique Centrale dans le jardin de son grand-père Rodriguez-Espinosa avec sa cousine née d’une mère d’origine palestinienne (de Jérusalem). *Dr Bianca Lechevalier-Haïm, d’origine sépharade d’Istanbul, ancienne chef de clinique de neuropsychiatrie à la faculté de médecine de Paris, psychanalyste membre titulaire de la SPP, ex chargée d’enseignement à l’Université de Caen. A écrit en collaboration avec B e rn a rd Lechevalier, “le corps et le sens” (1998, Delachaux et Niestlé), “Les contes et la psychanalyse” (2001, In Press).

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