Pl i ll é9

Ossip Mandelstam et Marina Tsvetaeva – deux des plus grands poètes russes du XXe siècle, victimes du régime stalinien, lui mort d’épuisement au GOULAG en 1938, elle pendue-suicidée en 1941 – ont vécu dans leur jeunesse un amour passionnel pendant un temps étonnamment fugace - de février à juin 1916. Cette histoire d’amour aurait pu n’être qu’un élément de la biographie de l’un comme de l’autre. Mais par la magie de leur plume, chacun a immortalisé à sa façon cet événement devenu événement poétique et littéraire. Bien que de manière différente pour lui et pour elle, cette relation a eu une incidence certaine tant sur leur conception du monde et de la vie que sur leur art poétique, elle a marqué leur expression et l’évolution de leur écriture d’un sceau indélébile. C’est quand il rencontre Tsvetaeva que Mandelstam clôt son cycle de poèmes “LA PIERRE” et amorce un nouveau cycle radicalement autre : “TRISTIA”. Comme en écho, la poésie de Tsvetaeva se métamorphose elle aussi, débarrassée soudain de sa coque juvénile.

Outre la découverte de l’amour mais aussi d’un certain monde russe que jusque-là il avait ignoré, cette liaison avec Tsvetaeva, d’une rare intensité, a été pour Mandelstam une étape, une étape importante, qui l’a indéniablement grandi, transformé. Cependant, tel le voyageur, il a repris sa route après cette halte, vers d’autres rencontres, d’autres horizons, d’autres conquêtes. Tsvetaeva représente en quelque sorte une pierre de sa construction.

Au premier abord, il semblerait que Marina Tsvetaeva, elle, ait vécu cette aventure comme une amourette, presque avec désinvolture.

Espiègle, elle se joue de l’homme-enfant tout en vénérant le poète. Pourtant, ses écrits en témoignent, Mandelstam a été pour elle une sorte de fil qu’elle n’aurait pas lâché tout au long de sa vie, il fait partie intégrante de sa trame, tantôt invisible, tantôt apparent mais jamais oublié.

Lorsque Mandelstam et Tsvetaeva se croisent pour la première fois en l’année 1915, ce sont deux jeunes gens – deux jeunes poètes – que rien, semble-t-il, ne saurait ni réunir ni unir. Il est aussi pétersbourgeois qu’elle est moscovite, le jeune homme est aussi gauche et encombré de lui-même que la jeune fille est impétueuse et enflammée. Ils ont pour ainsi dire le même âge, vingt-trois – vingt-quatre ans – lui est plus âgé qu’elle d’à peine quelques mois – mais lui est déjà dans une véritable maturité poétique alors qu’elle est encore poète-adolescente.

C’est l’été 1915 et par les hasards de la vie, ils se trouvent sous le même soleil de Crimée, invités par un ami commun, Maximilien Volochine, qui ouvre généreusement ses portes à toute une faune intellectuelle bohème. Pourtant, leur vraie rencontre ne se fera que quelques mois plus tard: sous le ciel de Crimée, Tsvetaeva n’est pas seule, elle est en bout de parcours d’une relation tumultueuse et douloureuse avec son amie Sophia Parnok et n’a guère d’yeux pour ceux qui l’entourent.

En février 1916, leurs chemins se croisent à nouveau. Cette fois, Ossip Mandelstam tombe éperdument amoureux de Marina. Moscou, la ville de Tsvetaeva, abrite leurs amours. Mais le vrai miracle, ce sont les poèmes: de l’un, de l’autre, tel un duo, une voix s’élève ou murmure, l’autre en écho reprend, avec la même tonalité ou dans un registre plus grave, ou encore sur un timbre plus aigu. On peut les suivre – côté chambre, côté promenade… Il suffit de tendre l’oreille et l’on sait de quoi ils se parlent, leurs regards, leurs ombres, leurs pas accordés, puis soudain leur démarche saccadée, leur cheminement séparé…

Diptyque1 1: Dans les deux poèmes, la note dominante, c’est la tendresse. Badine pour elle, grave et intense pour lui. Aux légendaires cils de Mandelstam font écho les sourcils de Tsvetaeva, ici comparés aux arcs de la façade de l’Église de la Dormition au Kremlin.

Moscou – c’est elle. Les merveilles du Kremlin – c’est elle. Ce qui est russe – c’est encore elle. Le Beau – ça ne peut être qu’elle.

Diptyque 2: La promenade continue. Les images se doublent de son. Elle lui raconte l’Histoire de sa ville, montre les lieux, ressuscite ces tsarévitchs sacrifiés en place publique.

Encore une vague de tendresse à l’égard de l’homme-enfant. Des visions prémonitoires de la mort du poète l’assaillent. Ces hallucinations sont si réelles et si terrifiantes qu’elle les chasse aussitôt. Lui l’écoute raconter et s’identifie au tsarévitch sacrifié. Ces deux poèmes ont des accents de si funestes présages!

Diptyque 3: dans un texte en prose intitulé “HISTOIRE D’UNE NON-DÉDICACE” Tsvetaeva a longuement expliqué l’origine et le sens du poème de Mandelstam: un lieu de vacances, les jours qui passent, et les tergiversations sans fin de Mandelstam – Partir? Rester? La quitter? Comment partir? Comment rester? – et puis, le départ sur une impulsion. En réponse, Tsvetaeva rassure, réaffirme sa tendresse, son attachement pour l’homme, son admiration pour le poète.

Diptyque 4: Avec ce poème “LE SIÈCLE” daté de 1923, Mandelstam est dans le splendide éclat de sa maturité. Vers cette même période, il écrit son livre autobiographique en prose “LE BRUIT DU TEMPS”. A cette époque, Tsvetaeva, elle, a déjà quitté la Russie. Et c’est de Paris qu’elle suit ce qui s’écrit dans son pays. D’après sa correspondance, on sait qu’elle a réagi (très négativement) à la lecture de ce texte. Mais au printemps 1934, Mandelstam est arrêté puis condamné à l’exil.

Tsvetaeva l’apprend. Il n’est plus question de porter tel ou tel jugement sur les écrits: le Poète et l’homme sont en danger. Aussitôt, elle s’empare de sa plume pour prendre farouchement la défense Mandelstam. Ce dernier n’est pas désigné nommément mais les mots poète, Siècle et bruit du temps parlent d’euxmêmes.

Diptyques 5/6 : Au poème halluciné de Tsvetaeva où, dans un état second, mue par un don prémonitoire sidérant, elle voit la fin tragique, la mort de Mandelstam telle qu’elle fut dans la réalité – à ce poème halluciné font écho tant le poème de Mandelstam “1er JAN- VIER 1924” que sa toute dernière lettre à sa famille. On peut en effet mettre en parallèle avec le poème visionnaire de Tsvetaeva soit le poème-pressentiment de Mandelstam (Et c’est de plomb qu’on scellera ses lèvres), soit son ultime message parvenu de déportation: à vingt-deux ans de distance, s’accomplissait la prophétie.

M i T O i M d l É h

Pl i ll é11

J’en ai bien d’autres - des boucles - Caressées, et des lèvres Connues - plus sombres que les tiennes.

J’ai vu s’allumer et mourir les étoiles, (D’où ce flot de tendresse?) J’ai vu s’allumer et mourir des prunelles Au seuil de mes prunelles.

Et à bien d’autres chants J’ai prêté mon oreille en plein cœur de la nuit (D’où ce flot de tendresse?) A même le torse du chantre.

D’où ce flot de tendresse?

Et que faire avec elle, jouvenceau Espiègle, chantre de passage, Aux cils si longs - sans leurs pareils? 18 février 1916 Tu renverses ta tête en arrière2 Parce qu’orgueilleux et hâbleur.

Quel compagnon joyeux M’a amené ce février!

Poursuivis par des va-nu-pieds Et rejetant sans cesse la fumée, Tels de superbes étrangers Nous traversions la ville aimée… Quelles mains prévenantes ont pris soin De tes cils, ô merveille, Et - jonchée de quel bois d’épines - La route de lauriers t’… - Je ne veux pas savoir. Mon esprit passionné A déjà dépassé ce fantasme.

En toi, c’est le gamin divin, - Le petit de dix ans que j’honore.

Ralentissons le pas près du fleuve qui baigne Les perles colorées des réverbères.

Je te mènerai, moi, à la place Qui vit les tsars-adolescents… Siffle la mélodie de ta douleur d’enfant, Et tiens serré ton cœur dans le creux de ta main… Mon impassible, mon frénétique, Mon affranchi - pardon! 18 février 1916 Dans la polyphonie du chœur des jeunes filles Chaque église si tendre chante sa propre voix.

Et dans les arcs de pierre de la Dormition Des sourcils m’apparaissent, arqués et haut plantés.

Lors depuis les remparts adossés aux archanges, D’une hauteur sublime j’ai embrassé la ville.

Le cœur serré entre les murs de l’Acropole J’ai langui d’un nom russe et d’une beauté russe.

Nous voyons en rêve un jardin - c’est merveille! - Où planent des colombes dans le brûlant azur.

Là une nonne chante des motifs orthodoxes:

Tendre Dormition - c’est Florence à Moscou.

Les églises moscovites ceintes de cinq coupoles, Avec leur âme russe tout autant qu’italienne, Me rappellent - c’est vrai - l’apparition d’Aurore, Mais avec un nom russe et en veste fourrée.

Dans un large traîneau garni de paille fraîche A peine recouvert d’une natte funeste, Partis des Monts Moineaux pour la petite église, Nous traversions Moscou la gigantesque.

Et tandis qu’à Ouglitch3 les gamins jouent aux dés Et qu’embaume le pain oublié dans le four, C’est moi que l’on conduit par les rues tête nue, Alors que dans l’église vacillent trois longs cierges.

Non, trois rencontres et non trois cierges allumés - La première par Dieu lui-même fut bénie, Point ne sera de quatrième, et Rome est loin - Et à vrai dire Rome jamais il n’aima.

Le traîneau s’enfonçait dans des ornières noires, La populace revenait du promenoir, Des hommes faméliques et des femmes haineuses Devant les portes trépignaient.

Une volée d’oiseau noircissait le lointain Et ses mains ligotées étaient endolories; C’est l’enfant-tsar qu’on mène, tout son corps est si gourd - A la paille roussâtre voilà qu’on met le feu.

Diptyque 1 Diptyque 2

Sans croire à la résurrection, Nous marchions par le cimetière. - Tu sais, partout la terre entière Me fait penser à ces collines .............................................................. ..............................................................

Là où s’achève la Russie Dessus la mer noire et obscure.

La vaste prairie prend la fuite Devant les flancs du monastère.

Je ne voulais point fuir au sud Les grands espaces de Vladimir Mais dans ce village d’idiots, Dans cet obscur village en bois, Avec cette nonne brumeuse, Rester - c’était le malheur assuré.

Je baise le hâle du coude Et du front un recoin de cire.

Je le sais - il est resté blanc Sous la mèche dorée de soleil.

Et je baise aussi le poignet Où blanchit de l’anneau l’empreinte.

L’été enflammé de Tauride Est capable de tels miracles.

Tu t’étais tôt faite noiraude, Et arrivée près du Sauveur, Tu ne cessais de l’embrasser - A Moscou tu faisais la fière.

Il ne nous reste plus qu’un nom - Son merveilleux, pour un temps long.

Alors accepte de mes mains Ce sable marin qui s’égrène.

Personne n’a rien pris à personne!

Elle m’est douce, notre séparation.

Je vous embrasse - par delà les centaines De verstes qui nous séparent.

Je sais que notre don n’est pas égal.

Ma voix pour la première fois est en sourdine.

Que vous chaut, jeune Derjavine4, Ma rimaille indomptée!

Au seuil du redoutable envol, je vous bénis:

Vole donc, jeune aiglon!

Tu fixais le soleil sans un plissement d’œil - Est-il insoutenable, mon regard juvénile?

Plus tendrement et plus irrémédiablement Personne jamais ne vous suivit des yeux… Je vous embrasse - par delà les centaines De lustres qui nous séparent… 12 février 1916 Diptyque 3 M i T O i M d l É h

Pl i ll é12

Le sang- bâtisseur a jailli De la gorge des choses terrestres, L’écornifleur à peine a tressailli A l’aube des jours nouveaux.

Tout être jusqu’à son dernier souffle Se doit de porter son échine, Et la vague s’ébat - Invisible épine dorsale.

Il est pareil au frêle cartilage, Le siècle de la terre d’âge tendre, Tout comme l’on offrait l’agneau en sacrifice, On immole à nouveau le crâne de la vie.

Pour arracher le siècle aux fers, Pour débuter un nouveau monde, Il faut lier d’un son de flûte Les rotules des jours noueux.

C’est le siècle qui meut la vague D’une toute humaine langueur, Dans l’herbe le serpent exhale Du siècle l’aune coulée d’or.

Les bourgeons gonfleront encore Et jailliront les pousses vertes Mais elle est brisée ton échine, Mon siècle, sublime et pitoyable, Et dans un sourire insensé, Tu contemples, cruel et faible, Tel un fauve autrefois souple L’empreinte de tes propres pattes. ˘ Au poète il n’a pas pensé Le siècle - et de lui ne se soucie.

C’est son affaire au siècle, c’est son affaire au bruit Du temps - n’est pas le mien!

Si le siècle des ancêtres ne se soucie, Des descendants ne me soucie: troupeau.

Mon siècle - fiel, mon siècle - affres, Mon siècle - défi, mon siècle - enfer. Miens.

Septembre 1934 Diptyque 4

Mort par une femme. C’est écrit, là, Dans ta paume - jeune homme.

Baisse les yeux! Prie! Prends garde! L’ennemi Veille à la minuit.

Ne te sauvera ni de tes chants Le don céleste, ni de tes lèvres l’arrogante découpe.

Tu es précieux Parce que céleste.

Ah, ta tête renversée en arrière, Les yeux mi-clos, cachant - quoi donc?

Ah, elle se renversera, ta tête - Autrement.

A mains nues on te prendra - rétif! Têtu! - De ton cri la nuit durant la terre résonnera!

Tes ailes seront éparpillées aux quatre vents, Séraphin! - Aiglon! - 17 mars 1916 1er JANVIER 1924 Celui-là qui baisa le crâne douloureux du temps - Avec amour filial plus tard Se souviendra comment le temps s’en fut coucher Dehors, dans les congères de froment.

Celui qui souleva du siècle les pesantes paupières - Deux grosses pommes sommeilleuses - Entendra à jamais le tumulte des flots Des temps artificieux et sourds.

Deux pommes sommeilleuses il a, le siècle tout-puissant Et bouche de glaise splendide.

Mais c’est contre le bras figé de son fils vieillissant Qu’agonisant il viendra s’effondrer.

Je sais, de jour en jour faiblit le souffle de la vie, Encore un peu - voilà qu’on fera taire La simple chansonnette qui dit les blessures de glaise, Et c’est de plomb qu’on scellera ses lèvres.

O vie de glaise! O agonie du siècle!

Ne pourra te comprendre - je le crains - Que celui qui a le sourire impuissant De l’homme égaré de lui-même.

Quelle douleur - chercher le mot perdu, Soulever les pesantes paupières, Et - le sang lourd de chaux - pour une autre tribu Cueillir les herbes de la nuit.

Siècle. Dans les veines du fils malade la chaux Durcit. Moscou dort telle une huche de bois Et nulle part où fuir le siècle tout-puissant… La neige sent la pomme tout comme au temps jadis.

Je voudrais fuir mon seuil Mais pour où? Dans la rue il fait nuit.

Comme si l’on avait répandu du sel sur le pavé, Je vois le halo blanc de ma conscience.

Dans le dédale des ruelles, des nichoirs, des chêneaux M’étant cahin-caha frayé chemin, Moi, simple passager couvert d’une fourrure de poisson Je m’escrime à fixer la couverture.

Une rue se profile, une autre Et gelé le traîneau crisse comme une pomme.

Pas moyen d’agrafer cette patte Elle échappe à mes mains encore et puis encore.

De quel bruit de ferraille et de quel tintamarre Par les rues de Moscou tremble la nuit d’hiver!

Poisson gelé qu’on frappe ou bien jet de vapeur Dans les roses troquets - pareil à l’argent du gardon.

Moscou - encore Moscou. “Bonjour, lui dis-je - Diptyque 5 M i T O i M d l É h

Pl i ll é17

Et le dos du cocher et la couche de neige:

Que te faut-il encore? On ne te fera rien. On ne te tuera pas.

L’hiver règne princier, le ciel caprin dans les étoiles S’émiette et en perles de lait miroite, Sur les patins gelés, tel le crin du cheval, La couverture crisse, la couverture frotte.

Les rues sont enfumées par les lampes à pétrole, Elles ont englouti neige, glace, framboise.

Partout la sonatine soviétique s’écaille Au souvenir de l’année vingt.

Se peut-il que je livre aux ignobles ragots - A nouveau l’air glacial sent la pomme - Le merveilleux serment prêté au quart-Etat Et aussi les promesses - grandioses jusqu’aux larmes?

Qui tueras-tu encore? Qui vas-tu glorifier?

Quel sera ton nouveau mensonge?

Vois là le cartilage de l’Underwood: arrache donc les touches Un croc de loup s’y trouve.

Et dans le sang du fils malade la chaux Va se dissoudre et jaillira un rire béat… Mais la modeste sonatine des machines à écrire Est juste l’ombre des superbes sonates.

Mort par une femme. C’est écrit, là, Dans ta paume - jeune homme.

Baisse les yeux! Prie! Prends garde! l’ennemi Veille à la minuit.

Ne te sauvera ni de tes chants Le don céleste, ni de tes lèvres l’arrogante découpe.

Tu es précieux Parce que céleste.

Ah, ta tête renversée en arrière, Les yeux mi-clos, cachant - quoi donc?

Ah, elle se renversera, ta tête - Autrement.

A mains nues on te prendra - rétif! Têtu! - De ton cri la nuit durant la terre résonnera!

Tes ailes seront éparpillées aux quatre vents, Séraphin! - Aiglon! - 17 mars 1916 Cher Choura16!

Je me trouve à : Vladivostok, SVITL6, baraque 11. J’ai été condamné à cinq ans pour activ. contre-rév. sur décision de l’OSO7. On a quitté Moscou - la prison de Boutyrki8 sous escorte le 9 septembre, on est arrivé le 12 octobre. Ma santé est très précaire, je suis épuisé au dernier degré, j’ai terriblement maigri, je suis quasiment méconnaissable mais néanmoins je ne sais pas si ça vaut la peine de m’envoyer des effets, de la nourriture et de l’argent. Essayez quand même. Je gèle sans vêtements.

Ma Nadienka17 chérie, es-tu en vie, ma douce? Choura, donne-moi très vite des nouvelles de Nadia. Ici, c’est un centre de transit.

On me m’a pas pris pour être expédié à la Kolyma. Je passerai probablement l’hiver là.

Mes chéris, je vous embrasse.

Ossia. [Fin octobre 1938, dernière lettre] Diptyque 6 1. Diminutif d’Alexandre, frère d’Ossip Mandelstam.


  1. Pour plus de commodité, les poèmes de Tsvetaeva sont ici retranscrits en italique, ceux de Mandelstam en caractères d’imprimerie “romains” ou droits.
  2. Toutes les personnes qui ont connu Mandelstam ont été frappées par son port de tête rejetée en arrière.
  3. Lieu de relégation du jeune tsarévitch Dimitri par Boris Godounov.
  4. Poète russe (1743-1816) précurseur de Pouchkine.
  5. Diminutif d’Alexandre, frère d’Ossip Mandelstam.
  6. Abréviation de “Camp de redressement par le travail, section nord-est.
  7. Abréviation de “Collège Spécial”.
  8. Appellation familière de la prison de Boutyrskaya.
  9. L j if l’E à propos… Il est des rencontres comme des fulgurances.
  10. Nadejda Mandelstam, épouse d’Ossip Mandelstam.
  11. L j if l’E D’où ce flot de tendresse?
  12. L j if l’E LE SIECLE Mon siècle, mon fauve, qui osera Un regard dans tes prunelles Et qui de son sang scellera De deux siècles les vertèbres?
  13. Abréviation de Camp de redressement par le travail, section nord-est.
  14. Abréviation de " Collège Spécial ".
  15. Appellation familière de la prison de Boutyrskaya.
  16. Nadejda Mandelstam, épouse d’Ossip Mandelstam.
  17. L j if l’E Ne m’en veux pas, peu importe à présent, Tout comme dans la fable je suis respectueux de l’entente Du froid glacial et de la raison du plus fort.” Sur la neige flamboie de l’officine la framboise, Une Underwood au loin a cliqueté.
← Article précédent · Article suivant → Retour au numéro 9