Avec la finesse et l’élégance qui le caractérisaient, le tsar Nicolas II écrivit à sa mère le 17 octobre 1905, pendant la vague de pogromes qui suivirent la promulgation du « Manifeste du 17 octobre » : le peuple s’est indigné de l’impudence et de l’insolence des révolutionnaires et des so- cialistes et comme les 9/10es d’entre eux sont des youpins, toute sa colère s’est abattue sur eux, d’où les pogromes juifs. Il est frappant de voir avec quelle unanimité et quelle simultanéité cela s’est passé dans toutes les villes de Russie et de Sibérie […] Mais en plus des youpins, les agita- teurs russes ont aussi écopé : les ingénieurs, les avocats et toutes sortes d’autres sales gens1… Cette conviction et cette arithmétique également douteuses pousseront en 1907 Nicolas II à s’opposer à la proposition avancée par son premier ministre Stolypine d’accorder aux Juifs les mêmes droits civils qu’aux autres sujets de l’Empire, pour les détacher ne serait-ce qu’en partie de la tentation révolutionnaire. Sa haine pathologique pour la « clique juive » exacerbait un sentiment répandu dans son gouvernement ; lorsqu’il reçut Théodore Herzl en 1903, le ministre de l’Intérieur Plehve, inversant les rapports de cause à effet, expliqua à son visiteur : « les Juifs sont en partie responsables de leur situation déplorable dans la zone de résidence autorisée parce qu’ils s’affilient en nombre toujours croissant à des organisations subversives2 ».
C’est un vieux thème de la propagande monarchiste et blanche dès 1917 : les deux révolutions russes de février et d’octobre 1917 furent mythe n’est toujours pas mort. Depuis l’instauration de la « démocratie3 » en Russie, on voit déferler un flot sans honneur de brochures et d’ouvrages qui l’orchestrent grossièrement. On peut en trouver l’archétype dans l’ouvrage d’un certain Dikii, les Juifs en Russie et en URSS, paru en 1994 à Novossibirsk aux éditions « Blagovest », et qui est la traduction d’un livre publié à New York en 1967, imprimé en russe à… Madrid, comme s’il fallait passer par les capitales étrangères pour imprimer une vérité qu’on voudrait cacher en Russie.
L’objectivité de cette « étude historique » aurait pour garant la publication en annexe d’articles d’auteurs juifs (S. Lourié, V. Mandel, ou Margoline…) et de tableaux d’apparence scientifique sur le pourcentage de Juifs dans les diverses instances révolutionnaires, tableaux vérifiés sur ceux d’un ouvrage publié en Irlande en 1962 par le très catholique Révérend Denis Fahey sous le titre The Rulers of Russia, avec l’imprimatur de Jeremias, Evêque de Waterford et donc présumés véridiques.
La lecture en est stupéfiante. Ainsi, le Conseil des Commissaires du Peuple aurait été composé de dix-sept Juifs, d’un Géorgien, d’un Arménien et de trois Russes ; le Commissariat militaire de la République, de trente-sept Juifs, de sept Lettons et d’un Allemand ; le Commissariat des affaires intérieures aurait compté douze Juifs et la Tcheka, vingt-trois Juifs, plus huit Lettons, un Polonais, deux Russes et un Arménien. Le Commissariat aux Affaires étrangères aurait été Les Juifs dans la Révolution russe par Jean-Jacques Marie
mand et d’un seul Russe ; le Commissariat aux Finances, de vingt-quatre Juifs, de deux Russes, de deux Lettons et d’un Polonais. Le Commissariat à la Justice aurait compté dix-huit Juifs, un Arménien etc. Tous ces tableaux sont en réalité honteusement falsifiés : Dikii prit les Conseils des Commissaires du Peuple au fil des années, les mélangea, élimina la plupart des non- Juifs, rajouta des Juifs, nomma par exemple Zinoviev à l’Intérieur, poste qu’il n’avait jamais occupé, pour fabriquer ainsi le tableau prouvant un véritable noyautage. Qui dit noyautage dit force organisée, clandestine ou secrète ; dès lors, les Protocoles des Sages de Sion, le complot juif, tantôt sioniste, tantôt judéo-maçonnique, sont la suite (ou la confirmation) logique de ces chiffres fantaisistes et fantastiques, qui rappellent la sinistre plaisanterie du journal satirique Le Vampire en 1906 : « Varsovie. Dans la Citadelle on a fusillé 11 anarchistes, dont 15 Juifs4 ». Ajoutons-y les vingt-cinq ouvrages du même acabit parus à ce jour aux éditions « Vitiaz » (« le Preux »), qui développent les mêmes fables, ou la réédition dès 1992 de l’ouvrage de Vassili Choulguine : Ce qui nous déplaît en eux, manuel de l’antisémitisme en Russie, fondé sur le dénonciation du Juif comme bacille de révolution.
Cette vision utilise le fait qu’un certain nombre de Juifs occupaient des places importantes dans divers partis anti-monarchistes et révolutionnaires, alors que leur place fut nulle dans les partis monarchistes et « ultra », elle fut plus réelle dans le parti Cadet lors de la première révolution, mais y devint modeste en 1917. En revanche, sur le versant révolutionnaire de l’échiquier, les Juifs abondaient. Guerchouni, puis Azef, dirigeaient l’Organisation terroriste du parti socialiste-révolutionnaire, alors que Gotz et Natanson étaient à la tête de ce dernier ; Dan, Martov et Soukhanov étaient les dirigeants mencheviks les plus connus, à côté des géorgiens Tchkeidzé et Sverdlov jouèrent un rôle éminent dans le parti bolchevik. etc. Mais pour réussir à réunir tous ces hommes au sein d’une même entité, il faut oublier qu’en octobre 1917 et après, Gotz et Dan furent des adversaires des bolcheviks, ou qu’en juillet 1918 les socialistes-révolutionnaires de gauche de Natanson se soulevèrent contre ces derniers par refus de la paix de Brest-Litovsk !
Les chiffres réels infirment d’ailleurs l’arithmétique antisémite ; ainsi en septembre 1918 sur soixante-dix commissaires de la Tcheka il y avait trente-huit Lettons (54,3 %), vingt-deux Russes (31,4 %), sept Polonais (10 %) et enfin trois Juifs (4,3 %). A la fin de 1920, les 50 000 agents des Tcheka provinciales se répartissaient en : Russes, 77,3 %, Juifs, 9,1 %, Lettons, 3,5 %, Ukrainiens, 3,1 %, Polonais, 1,7 %. Les Juifs représentaient alors 2,11 % de la population soviétique, et 5,20 % des membres du parti bolchevik5.
Autant que de chiffres trafiqués, le mythe se nourrit d’analyses sommaires qui assimilent le prétendu messianisme marxiste au messianisme judaïque : alors que les Juifs religieux attendent le Messie-libérateur, Marx confie au prolétariat le rôle de libérer l’humanité : $ les deux se confondent, ou le second n’est qu’une couverture du premier. Choulguine résume cette accusation dans une apostrophe aux Juifs : « Ce qui nous déplaît en vous, c’est que vous avez pris une part trop éminente dans la révolution, qui s’est avé- rée une très grande tromperie et un très grande fraude. Ce qui nous déplaît, c’est que vous avez été la colonne vertébrale et l’ossature du parti communiste. Ce qui nous déplaît, c’est qu’avec votre esprit d’organisation et votre coordination, avec votre acharnement et votre volonté, vous avez consolidé et renforcé pour de longues an- nées l’entreprise la plus folle et la plus sanglante que l’humanité ait connue depuis la création du monde. Ce qui nous déplaît en vous, c’est que cette expérience a été réalisée conformément à
déplaît, c’est que cette expérience s’est effec- tuée sur le dos des Russes. etc. », et ainsi de suite pendant vingt lignes6.
Ce mythe fait litière des profondes différences sociales, politiques et idéologiques qui divisaient, voire dressaient les uns contre les autres les Juifs de l’Empire russe, tout comme les membres des autres nationalités. La bourgeoisie juive commer- çante ainsi que les sionistes, favorables à la révolution de février qui supprima la lourde législation anti-juive, furent en général hostiles à la révolution d’Octobre et aux bolcheviks. L’ancien avocat de Beilis, Maklakov, pavoisa ainsi dans une correspondance privée du 23 décembre 1919 : « les sionistes ont affirmé qu’ils étaient prêts à apporter une aide financière à « l’Armée [blanche] des Volontaires » par l’intermédiaire de leurs établissements bancaires7 » L’ancien président du Conseil des ministres de Nicolas II en 1916, Trepov, bâtit là-dessus un roman : en novembre 1920 il affirme que le baron Wrangel, qui contrôle alors la Crimée, comprend « la né- cessité de l’aide du capital juif dans la construc- tion future de la Russie » : avec un accord (secret !), dit-il, « nous aurions tous les Juifs, c’est- à-dire tout le Capital de notre côté8 ». Au mythe du peuple juif globalement révolutionnaire répond ici celui du Juif-incarnation du Capital, qui commande bien sûr à l’autre dans le fantasme du complot judéo-bolchevico-maçonnique.
Le mythe s’incarna dans les pogromes sanglants du début du siècle, nourris par des rumeurs répandues par la presse des Cent-noirs sur les Juifs suceurs – au figuré – du sang du peuple russe, et sur les crimes rituels destinés à saigner – au sens propre du terme cette fois-ci – des enfants chrétiens. A partir de 1917, c’est la vision de la révolution comme produit d’un complot ayant les Juifs pour chefs d’orchestre qui nourrit l’antisémitisme des blancs en général et des nationalistes ukrainiens en particulier.
Cet antisémitisme était si puissant que Denikine, pourtant désireux de rassembler autour de son « Armée des Volontaires » les couches de la bourgeoisie juive commerçante et financière hostiles aux bolcheviks, finit par interdire le recrutement de Juifs dans son armée et par en chasser les officiers juifs en poste, en s’aliénant ainsi des sympathies sociales spontanées.
Tout mythe repose évidemment sur des éléments réels hypertrophiés et caricaturés. Celuici s’appuie sur deux faits complémentaires : 1) La révolution russe fut la conséquence de la Première Guerre mondiale, qui avait embrasé toute l’Europe. Cette internationalisation du conflit et de la révolution prit des formes très concrètes : près de 300 000 étrangers combattirent dans les rangs de l’Armée rouge (Chinois, Coréens, Hongrois, etc.), et en furent souvent les éléments les plus déterminés. Or la diaspora juive, et la présence qui en découlait de populations juives dans les deux camps (en Allemagne et dans la Pologne allemande, dans la Galicie autrichienne et dans toute l’Autriche Hongrie et surtout dans l’Empire russe) favorisait l’internationalisme. Cet internationalisme que Staline stigmatisa plus tard, (à une époque où le patriotisme soviétique des Juifs d’URSS, renforcé par la Deuxième Guerre mondiale, fut pourtant incontestable), sous le vocable de « cosmopolitisme » – reprenant ainsi le vieux thème antisémite du Juif apatride. En l’occurrence, ce thème reflétait alors une part de réel : si le Manifeste Communiste de Marx et d’Engels avait affirmé que « les prolétaires n’ont pas de patrie », la même formule pouvait en effet s’appliquer lors de la guerre mondiale à une bonne partie des populations juives, surtout celles de la Pologne russe soumises aux pogromes de l’Armée russe, aux exactions de l’Armée allemande et enfin aux pogromes de l’armée polonaise9.
2) La révolution éclata dans un empire-mosaïque de nationalités soumises à diverses discriminations ; les Juifs y étaient réduits au rôle de sujets de seconde zone par une multitude d’interdictions légales. Or, les nationalités opprimées se portent souvent au premier rang d’une révolution. Signes prémonitoires de cet état de choses ; les premiers partis ouvriers de l’Empire russe furent le groupe Prolétariat, créé dans la Pologne russe en 1884, et le parti ouvrier juif, le Bund, proclamé en 1897 – un an avant que ne se crée le Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie (POSDR).
C’est cette réalité qu’un publiciste russe traduisit en prétendant que la révolution russe serait « une entreprise juive menée à la pointe des baïonnettes lettones » : que ce serait la revanche des minorités nationales sur les Russes.
Choulguine remplaça les Lettons par les Géorgiens. Pour lui la révolution ce sont partout « des Juifs et des Géorgiens, des Géorgiens10 et des Juifs. Ensuite s’y ajouteront des Lettons, des Chinois, des Polonais » qui, dit-il, s’éclipseront assez vite », mais les Juifs et les Géorgiens et les Géorgiens et les Juifs « sont restés jusqu’à aujourd’hui11" Et il ramena bien entendu les développements ultérieurs de la révolution à la lutte entre le Juif Bronstein-Trotsky et le Géorgien Djougachvili-Staline.
Ces variations soulignent que la participation de nombreux intellectuels et ouvriers juifs à l’action révolutionnaire se situait dans un mouvement plus large, qui dressa de nombreux allogènes d’abord contre le régime monarchique, puis contre un Gouvernement provisoire qui prolongea la guerre sanglante, ruineuse et sans issue dans laquelle celui-ci avait plongé l’Empire. Ce mouvement découlait d’abord de la situation des minorités nationales opprimées et persécutées.
Comme les Juifs l’étaient plus encore que tous les autres, et que certaines régions de l’Empire contenaient un prolétariat juif concentré et actif, leur participation à la révolution fut logiquement plus importante que celle des autres groupes.
Enfin, si nombre de nationalités maintenues dans une arriération systématique n’avaient pu donner naissance qu’à une très mince élite intellectuelle, une intelligentsia juive s’était constituée dès la fin du siècle précédent, le plus souvent en rupture avec l’héritage traditionnel et religieux de la « communauté juive », mais sans accès possible au service de l’Etat, sauf à des postes très subalternes ; ainsi dans l’armée les Juifs, comme les roturiers français sous l’Ancien Régime, ne pouvaient accéder au grade d’officier. Toute carrière publique leur était de fait, sauf rarissime exception, interdite.
Aussi n’est-il pas étonnant que les intellectuels juifs eussent occupé une place importante dans les partis opposés au régime, surtout dans les partis révolutionnaires et socialistes, et que les ouvriers juifs fussent nombreux dans leurs rangs.
Lors du deuxième congrès du POSDR, en août 1903, vingt et un des quarante-trois délégués avec voix délibérative, et quatre des douze ayant voix consultative étaient des Juifs (alors que le Bund n’eut dans ce congrès que 5 délégués). Le congrès déboucha sur la scission entre mencheviks et bolcheviks. Selon le menchevik géorgien Arsenidzé, Staline aurait alors déclaré : « Martov, Dan, Axelrod sont des Juifs circoncis… et les Juifs sont des poltrons et des trafiquants12 » Dans son compte-rendu du Congrès de Londres du POSDR de 1907, Staline jugea utile de rapporter la « plaisanterie d’Alexinski » (ce délégué bolchevik qui, en juillet 1917, au compte des services français, dénonça Lénine comme agent allemand) : selon lui, les mencheviks étant une « fraction juive » et les bolcheviks une « fraction russe », ces derniers « feraient bien d’orga- niser un pogrome dans le Parti13 ». Et un peu plus tard, en 1926-1927, au début de la réaction
main l’arme de l’antisémitisme contre l’Opposition unifiée dirigée par Trotsky, Zinoviev et Kamenev, qui fut présentée comme une tendance juive14 .
Ces faits ne règlent pas la question : les intellectuels et les ouvriers juifs qui s’engagèrent dans l’activité révolutionnaire, le firent-ils en tant que Juifs ? Si la réponse est évidemment « oui » pour les membres du Bund, elle serait certainement « non » pour ceux qui s’enrôlèrent dans un des partis qui se définissaient comme « russes », c’est-à-dire rassemblant toutes les nationalités de l’Empire dans des structures centralisées et non fédérales (qui auraient coordonné des groupes nationaux, voire « communautaires ») : le POSDR et ses deux fractions, menchévique et bolchevique, le Parti Socialiste-Révolutionnaire et ses divers avatars (les maximalistes, les Socialistes-révolutionnaires de gauche), les anarchistes, etc.
Lorsqu’en 1903 Medem, jugeant qu’il fallait bien appartenir à une « nation définie » demanda à Trotsky « Vous considérez-vous comme russe ou comme juif ? » Trotsky répondit « Vous vous trompez, je suis un social-démocrate – un point c’est tout15 ». Tout Juif membre du POSDR et non membre du Bund aurait dit sans doute à peu près la même chose. Mais en octobre 1917, invité par Lénine à assumer les fonctions de commissaire du peuple à l’intérieur, ce même Trotsky refusa pour ne pas, dit-il « donner à nos ennemis l’arme supplémentaire de mon origine juive », et définit alors une simple position individuelle qu’il ne généralisa pas : « la question de la nationalité, si importante dans la vie de la Russie, n’a joué dans ma vie personnelle presque aucun rôle16 ».
Tout mythe tend à l’universel, et celui du rôle des Juifs dans la révolution russe subit une mutation qui finit par le dissocier de tout lien avec les Juifs réels. Des décennies d’antisémitisme ét ti t li i t f it d J if l fi du mal, il peut incarner au choix la révolution ou son contraire, le garde rouge ou le garde blanc, le partisan de la paix immédiate ou de la guerre jusqu’à la victoire finale. Ainsi, le 25 octobre 1917, Kerensky fuyant le Palais d’Hiver, lut avec stupeur sur un mur l’inscription : « A bas le Juif Kerensky, Vive Trotsky17 »! L’un des avocats de Beilis, Margoline, rencontra ce même mois un groupe de soldats déserteurs qui vantaient les mérites de Trotsky en maudissant « Kérensky et ses douze ministres, tous des Juifs ». Il tenta de leur expliquer que, des deux, le Juif c’était Trotsky et non Kerensky. Les soldats ricanent : « Et alors ? C’est peut-être un Juif, mais il est pour la paix ; ça veut dire qu’il est l’un de nous » 18 – c’est-à-dire un paysan russe. Bref, disent-ils dans les termes simplistes d’un langage mal dégagé d’une longue tradition obscurantiste, l’important n’est pas la race ou la religion, mais les buts politiques. Ils font ainsi à leur manière voler en éclats, l’espace d’un instant, le mythe, pourtant promis à un bel avenir… NOTES 1 Lettre publiée dans “Rouski Arkhiv” n° 22, citée dans V. V Choulguine « Chto nam v nikh ne nravitsa », 1928, rééd. St Péterbourg 1992, p 239.
général Freydenberg, commandant du corps d’occupation français à Marrakech (!), rappelant qu’il « existait au moins (sic !) deux ministres israélites parmi les ministres du Directoire » (in Alain Desroches : Le Problème ukrai- nien, Nouvelles éditions latines, Paris, 1962, p 182)
- ↩ Ernst Pawel : Theodor Herzl, Le Seuil, Paris, 1992, p.
- ↩ C’est la dénomination officielle du régime actuel. Il n’y a pas plus de raison de la prendre au pied de la lettre que le « communisme » antérieur… 4 Le Vampire, 1906, n° 2, p 2, cité par Oleg Boudnitski : « Les Juifs et la révolution russe, ou qui paie les pots cassés », in Ievrei i Rousskaia Revolioutsia, sous la direction d’Oleg Boudnitski, Guecharim, Jérusalem 1998, p.4.
- ↩ L Kritchevski, « Les Juifs dans l’appareil de la Tcheka- Guépéou dans les années 20", Ibid. p 328.
- ↩ Choulguine, op. cit. pp. 34-35. Ne pas confondre ce Vassili Choulguine avec Alexandre Choulguine, un témoin de la partie civile au procès de l’assassin de Petlioura à Paris et qui défendra ce dernier en citant une lettre du
- ↩ Boudnitski, op cit. p. 276.
- ↩ Ibid, p 284.
- ↩ On en trouve une remarquable description dans Cama- rade Nachman, de Israèl Joshua Singer, Denoèl, Paris.
- ↩ Choulguine, plus qu’à Staline, peu connu en 1917, pense aux dirigeants mencheviks du Soviet de Petrograd, Tchkeidzé et Tseretelli.
- ↩ Choulguine, op cit. p 33 12 Arsenidzé : « Souvenirs sur Staline » in Novy Journal, 1963, n° 72, p. 218. Ce témoignage qui date de… 1961 est douteux, mais bizarrement le fils aîné de Staline, capturé par les Allemands le 16 juillet 1941, leur fera sur les Juifs des déclarations de la même veine (Iossif Stalin v Obiatiakh Semii, Rodina, édition Q, Moscou, 1993, pp. 80-81).
- ↩ Staline, Oeuvres complètes, T. II, pp. 50-51.
- ↩ Staline diffusera alors une déclaration écrite d’une ambiguïté certaine, destinée à nourrir l’antisémitisme, en affirmant : « Nous nous battons contre Trotsky, Zinoviev et Kamenev non parce qu’ils sont Juifs, mais parce qu’ils sont dans l’opposition ». In Jean-Jacques Marie : Les der- niers complots de Staline, Ed. “Complexe”, Bruxelles, 1993, p 213.
- ↩ Jean-Jacques Marie, Trotsky, Ed. “Autrement”, Paris 1998, p. 159.
- ↩ Trotsky, Ma Vie, Gallimard, Paris, 1953, pp. 349-350.
- ↩ In Orlando Figes et Boris Kolonitskii : Interpreting the Russian revolution, Yale University Press, New Haven and London, 1999, p 91.
- ↩ Arnold Margoline : Ukraine and Policy of Entente, Mac Donald and Eudy, Temple Hill, 1977 p.24.