Les Septante. a version grecque de la Bible, connue sous le nom de Septante, c.a.d. traduction des soixante-dix sages, doit son nom à une histoire, relatée dans La Lettre d'Aristée, d'après laquelle 72 érudits, appelés de Jérusalem par Ptolémée II Philadelphe, réalisèrent une traduction parfaite du Pentateuque, qui fut déposée dans la Bibliothèque d'Alexandrie.
La Lettre d'Aristée C'est une composition littéraire d'origine judéo-alexandrine écrite par un Juif anonyme, sous la forme d'une lettre censée avoir été écrite à son frère Philocrate par Aristée, un Grec de la cours de Ptolémée II Philadelphe (285-246 Avant l'ère commune). Le contenu de ce texte se présente ainsi:
Sur les conseils de ses courtisans, Demetrius de Phalerum et Aristée, Ptolémée Philadelphe ordonne que les Écritures Sacrées des Juifs soient traduits pour la bibliothèque d'Alexandrie.
Le Roi, écrit à Eleazar, le Grand-Prêtre à Jérusalem, demandant que des traducteurs experts lui soient envoyés. Sa lettre est accompagnée par un don précieux pour le Temple. Aristée, à la tête d'une délégation égyptienne va à Jérusalem et revient avec une description détaillée de la Judée, de Jérusalem, du Temple et de ses services, et de ses conversations avec Eleazar. Celui-ci envoie à Ptolémée II 72 Anciens qui sont très versés dans la Loi de Moïse et dans les coutumes de la société grecque. Le roi leur donne une réception élaborée et pendant dix jours il tient des banquets en leur honneur, au cours desquels il découvre leur grande sagesse. Ils sont ensuite emmenés dans l'île de Pharos et au cours de 72 jours ils traduisent les Écritures en grec. La traduction est approuvée par le roi et par les représentants de la communauté juive d'Alexandrie, et les traducteurs sont renvoyés chez eux chargés de cadeaux.
Le cadre historique et culturel.
Cette histoire, basée sur une légende des Septante courante à Alexandrie vers le troisième siècle avant l'ère commune, est plus une romance historique qu'un compte rendu exact. L'auteur de cette Lettre a utilisé cette légende comme un cadre pour faire passer certaines de ces idées qu'il voulait disséminer parmi ses lecteurs juifs. Il décrit les Grecs comme des admirateurs du judaïsme et plaide pour l'établissement de liens plus serrés entre les peuples. Il considère que leur religion idolâtre n'est pas une barrière, car il croit que les Grecs aussi prient le Dieu un et unique sous le nom de Zeus. Il décrit le judaïsme comme un pur monothéisme qui n'est pas en conflit avec les idées acceptées dans la philosophie grecque. Cela résulte en particulier des conversations avec les 72 Anciens au banquet. Il donne une explication symbolique aux commandements aussi bien qu'une explication rationnelle.
séparation des Juifs des non-Juifs comme résultat de leur observances religieuses, et d'un autre côté leur rapprochement de la culture grecque. Cela reflète le point de vue de la classe supérieure de la communauté juive d'Alexandrie, qui bien que se mélangeant librement avec les Grecs dans les affaires, restait néanmoins fidèle aux principes du judaïsme duquel dépendait l'existence de la communauté juive autonome alexandrine.
La Lettre est écrite en grec hellénistique, influencé par le langage officiel de l'Égypte ptolémaïque.
L'extension de la traduction.
Cette histoire a été embellie avec le temps jusqu'au point où les 72 interprètes ont été crédités de la traduction de la Bible hébraïque entière. On a maintenu que bien qu'ils aient travaillé indépendamment l'un de l'autre, leurs versions terminées étaient identiques et, de plus, supérieures à l'original, un résultat de l'inspiration divine.
Ensemble avec le Nouveau Testament, les Septante ont constitué la Bible de l'Église chrétienne, et c'est encore la Bible de l'Église orthodoxe grecque. Le nombre de manuscrits conservés est donc considérable: plus de 30 datant du IVe au IXe siècles, pour les plus anciens. De récentes découvertes ont permis de trouver des fragments de papyrus datant jusqu'au second siècle avant l'ère chrétienne, de même quelques fragments découverts à Qoumran permettent de dater les Septante avant l'ère chrétienne.
La traduction de l'Ancien Testament contient tous les textes du canon biblique hébreu, mais avec des différences ( titres, inversions de l'ordre de certains chapitres, oui encore des sections additionnelles), elle inclut des textes qui ne figurent que dans la Bible chrétienne ( p. ex. Judith, Tobias, le livre II des Maccabées,..). La séquence est basée sur une classification littéraire : loi, histoire, poésie, prophétie.
Il est généralement admis que ce que La Lettre d'Aristée, mentionne a propos de la traduction officielle du Pentateuque à Alexandrie au IIIe siècle avant l'ère chrétienne, peut être pris comme valide historiquement. Mais on suppose à présent que le projet lui-même a été initié par la communauté juive hellenophone d'Alexandrie, qui avait besoin d'une version du Pentateuque pour des usages de prière et d'enseignement. Cette traduction accueillie avec enthousiasme par la communauté juive, fut suivie au cours des trois siècles suivants par celle des autres livres de la Bible.
Cette traduction en grec fut pratiquement entièrement faite en Égypte, puis plus tard répandue dans la diaspora hellénistique et en Palestine. Mais avec le temps de très nombreuses erreurs et fautes de copistes apparurent, ce qui expliquerait la réserve certaine des communautés juives à son égard, contrairement à l'accueil des chrétiens. (D'après l'Encyclopedia Judaïca)