Après la 1ère Rencontre Internationale de 1986, celle de 1988 (à Bruxelles), de 1990 (à Chicago), la Fédération Internationale des Juifs Laïques et humanistes a tenu sa IVème Conférence à Jérusalem, du 14 au 18 Octobre 1992.
Durant ce marathon culturel de 4 jours, des délégations de nombreux pays du monde étaient venues pour représenter les organisations membres, et principalement des Etats-Unis, d’Israël, de Belgique, d’Italie, d’Eurasie, et de France bien entendu. Rappelons que la Fédération compte également des petits groupes en Australie, en Argentine.
4 jours « non-Stop » de conférences, ateliers, festivités, travaux au cours desquels des Juifs humanistes et laïques ont pu échanger et confronter leurs réalités juives, à travers les horizons si divers où ils vivent. Le thème principal du congrès était « Judaïsme et Humanisme ». Fait frappant : la similitude des préoccupations de toutes ces judaïcités. En effet, de quoi discutent des Juifs laïques lorsqu’ils se rencontrent ? Comme partout…, comme chez nous, en France, de Judaïsme, bien sûr mais aussi de transmission, d’éducation, de laïcité, de l’avenir des Juifs dans le monde.
Rassemblant plusieurs centaines de personnes, la journée du 17 octobre a été marquée par une Conférence publique de prestige au « Khan Théâtre » de Jérusalem. De 9 heures du matin à 23 heures, des orateurs de grande qualité, historiens, philosophes, parlementaires, enseignants, politiciens se sont exprimé sur les thèmes « être Juif laïque en Israël, et « être Juif laïque en Diaspora ».
Les deux moments les plus forts furent d’une part, les interventions de la députée M.K. Naomi CHAZAN, du Prof. Yehoshafat HARKABI, du Prof. Menahen BRINKER. L’actualité a donné un éclairage accru à la situation aiguë avec laquelle les Israéliens posaient le problème des liens entre la Religion et l’Etat. En effet, le même jour, étaient publiées dans les journaux du pays, les déclarations du Ministre de la Culture et de l’Education, Shulamit ALONI. Nous savons les suites houleuses qu’elles ont provoquées au sein du Gouvernement. J’ai été frappée par la remarquable connaissance qu’avaient les orateurs de la laïcité en Europe et surtout en France, ainsi que par la virulence qu’ils manifestaient dans ce combat. L’AJHL a tenu alors à témoigner publiquement à nos amis israéliens son soutien pour leur combat laïque en Israël.
L’autre point fort fut incontestablement la présence en nombre et en dynamisme de ceux qu’il est convenu d’appeler les « Juifs russes ». Ils étaient massivement présents et une traduction simultanée (hébreu-anglais-russe) a permis d’appréhender l’ampleur et l’enjeu du phénomène et leur situation particulière.
Présence d’abord des russes, nouvellement immigrés en israël. Outre leurs difficultés d’installation, leur problématique culturelle est accrue par une large tentative de récupération par les instances religieuses. À cet égard, la Fédération Internationale a voté une résolution, insistant sur l’indispensable respect de leur intégrité culturelle et spirituelle. Le niveau élevé de leurs questions, empreintes de séries d’interrogations, a témoigné de leur grand intérêt pour le judaïsme laïque et ses fondements. Puis, il y eut les interventions de ceux, venant d’Eurasie, plusieurs délégations venues pour assister au Congrès, de Lituanie, de Bielorussie, de Russie. Tous assistaient pour la première fois à la conférence ; ils ont adhéré très récemment à la Fédération Internationale, en exposant pour certains qu’ils avaient créé, quelques semaines seulement auparavant, des associations locales de “Juifs Humanistes et Laïques”. L’importance des documents déjà édités par ces associations toutes nouvelles rendaient compte de leur étonnant investissement, de leur dynamisme, de même que du considérable effort effectué par les dirigeants de la Fédération (notamment Zev KATZ) pour les aider.
L’importance de l’événement a justifié la décision de choisir MOSCOU pour la prochaine rencontre internationale, dans deux ans. J’ai été frappée par le grand intérêt qu’ils portaient au judaïsme laïque de la Diaspora et principalement de leur communauté de pensée avec les Européens, et surtout avec les Français. Nous n’avons pas manqué, à l’AJHL, de nouer des relations et contacts qui ont déjà été renforcés depuis.
Une soirée prestigieuse, consacrée à “pluralisme et Humanisme dans le Judaïsme” a donné l’occasion d’entendre la « Leçon » du Professeur Yeshaihou LEIBOWITZ, pour lequel, assez paradoxalement, c’est la terminologie de “judaïsme humaniste” qui présentait des contradictions plus que “judaïsme laïque”.
Au cours de cette même soirée, une très jeune pianiste de l’Académie de Musique de Jérusalem, a permis d’adoucir les moeurs de ces débats bien sérieux.
Enfin, la Fédération a eu le privilège de recevoir un des Présidents Honoraires, Justice Haïm COHEN, auquel fut rendu un remarquable hommage. Notons qu’il avait été demandé à Albert MEMMI, autre président honoraire, qui ne pouvait être présent, de remettre un texte sur l’humanisme ; l’AJHL a remis à sa place ce texte magistral. Il sera publié simultanément dans les revues israélienne et américaine. Nous le publions aussi dans ce premier numéro de “Plurielles”, Revue de l’AJHL.
Aucun répit n’étant accordé aux congressistes, des réunions de travail se sont multipliées durant ces jours, en débats sur « un enseignement pour un Judaïsme humaniste, comment ? » ; enfin une journée fut consacrée à l’Admistration de la Fédération et de l’Institut pour un Judaïsme Humaniste et Laïque. Cela fera l’objet de développements quant à son objet et à ses moyens, dans nos prochains numéros. Notons que l’Institut a nommé deux représentants de l’AJHL au sein de son éminent Bureau ;
de même qu’un membre de l’AEJL. De longues et arides discussions juridiques ont eu lieu sur le fonctionnement, dont il n’est pas le lieu ici de débattre.
En résumé, la Fédération a pris des décisions relatives à son bon fonctionnement, son budget, le renouvellement de son Bureau, la nomination d’un permanent dont le rôle