Sur la presse juive

L’Arche, mensuel du judaïsme français (14, rue Berger 75017 Paris) a adopté une nouvelle formule, rajeunie et agréable dont la qualité est incontestable. L’équipe à présent dirigée par Meir Weintrater peut se féliciter d’avoir ouvert l’Arche à une interrogation sur le destin du judaïsme et des Juifs en France. Ce qui ne peut qu’inciter à lire cette nouvelle Arche.

Pour ceux de nos lecteurs qui ne le connaissent pas encore, le journal Regards (52, rue Hôtel des Monnaies B 1060 BRUXELLES), nous signalons ce bimensuel publié par nos amis du Centre Communautaire Laïc Juif de Bruxelles (CCLJ), dont le fondateur David Süsskind vient d’être élu Président du CCOJB, l’équivalent belge du CRIF. Regards et le CCLJ sont depuis de longues années à la tête de nombreux combats pour les Juifs et la liberté :

Des intellectuels juifs contre l’extrémisme ?

Sous ce titre l’Arche du mois de février 1994 publie le compte rendu intégral des journées d’étude organisées par le groupe Gesher, en hébreu « pont », fondé par un groupe d’intellectuels juifs se réclamant de la tradition religieuse : Shmuel Trigano, Raphaël Draï, Georges Hansel, Josy Eisenberg, Gilles Bernheim, Armand Abecassis, et Gérad Haddad, tous « soucieux de l’unité de la Communauté, et des risques actuels de scission » s’y sont exprimés. Débat fort intéressant au demeurant, qui eût pu l’être davantage si l’on avait noué un dialogue véritable avec les Juifs de bords différents, mais qui témoigne d’une certaine ouverture. À quelques dérapages près, comme en témoigne l’extrait suivant de l’intervention de Armand Abécassis, dont l’intolérance dans ce cadre a de quoi étonner :

« Il en va de même pour l’orgueil et l’insolence du Juif laïc. Sait-il exactement ce qu’il critique ? Sait-il lire seulement l’hébreu ? A-t-il, comme tout intellectuel, le souci de passer des nuits blanches sur un texte ou sur un rite quelconque, avant de se prononcer sur eux ? »

Nous pourrions suggérer à Armand Abécassis de chercher une autre définition de la laïcité que celle de « l’orgueil et l’insolence » ; à défaut de « passer quelques nuits blanches » il pourrait s’informer de ces Juifs laïques avant de se prononcer sur eux avec tant de haine, de mépris et surtout d’ignorance.

Lui qui prétend s’inspirer de la tradition juive, il devrait se souvenir du nom et de l’attitude tolérante d’un certain Hillel, au lieu d’adopter celle d’un Torquemada, ou d’un Savonarole fort peu juifs !

Le Comité de rédaction

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