PAR IZIO ROSENMAN
Israël : la paix et la société démocratique en danger.
À l’horizon les nuages s’accumulent : ils concernent non seulement la paix, mais aussi la démocratie et la laïcité, et l’affermissement de la modernité dans laquelle la société israélienne s’est installée depuis la création de l’État.
Israël est en effet à un tournant : ou bien il s’intégrera au Proche-Orient par une coexistence pacifique avec les peuples environnants, à commencer par le premier concerné d’entre eux, le peuple palestinien en lui reconnaissant, dans le cadre du partage de la terre, son droit à un État dans la partie de la terre de Palestine, qui n’est pas Israël ; ou bien le refus israélien, concomitant à la montée des tendances national-religieuses transformera le conflit de politique qu’il était, donc à issues négociables, en conflit religieux donc insoluble car essentialisé.
Dans ce cas on sait comment finissent ces sociétés : dans la violence !
Les chances pour une paix ne dureront pas éternellement et la fenêtre d’opportunité d’un accord historique avec les Palestiniens, qui était le résultat d’un certain nombre de circonstances historiques et d’une lente évolution des mentalités, semble se refermer.
Déjà on reparle d’une nouvelle Intifada si rien ne se passe, c’est à dire si le Gouvernement de M. Netanyahu poursuit son refus d’appliquer réellement les accords d’Oslo signés par celui de Rabin-Peres, et les accords de Hébron signés par lui-même. S’il poursuit, ou plutôt étend, la colonisation des territoires traçant par là même la route pour un nouvel affrontement qui risque d’être beaucoup plus meurtrier que les précédents, avec l’illusion qu’il pourra berner tout le monde en laissant traîner les soi-disant discussions et en imposant toujours plus de conditions aux Palestiniens avant de s’engager à évacuer la moindre parcelle de territoire.
En même temps la montée en puissance des partis religieux fondamentalistes ou national-religieux accentue cette politique et met en danger la structure démocratique de l’État d’Israël, réduisant à néant ce qui fut la vision ou le rêve sioniste.
La société israélienne est aussi à la croisée des chemins : ou bien elle installera définitivement dans la réalité les aspirations du mouvement sioniste, c’est à dire créer une société juive, moderne, laïque et démocratique ; ou bien par une régression vers un type de société fondée sur la religion et l’ethnie, où l’autre, Arabe ou Juif d’obédience différente, n’a que des droits limités, le conflit dans la société redoublera celui avec les peuples environnants.
Il est temps que nous juifs de la diaspora fassions entendre notre voix pour une solution modérée du conflit avec les Palestiniens, solution basée sur la reconnaissance mutuelle et le partage de la terre entre les deux peuples, qui seule permettra à Israël d’être intégré au Proche Orient, en étant accepté par les peuples environnants, ce qui serait le vrai couronnement de cent ans d’histoire du sionisme.
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Algérie : un peuple en otage.
La violence et l’horreur en Algérie ont atteint un degré insoupçonné, avec les massacres de villages entiers, femmes et enfants. Le peuple algérien est pris en otage par ceux qui veulent s’assurer sa soumission. Les uns, les islamistes, pour conquérir le pouvoir, local ou national, n’hésitent pas à se dépasser dans la violence incontrôlée, pour s’imposer par la terreur. Les autres, c’est-à-dire l’armée et la caste militaro-policière au pouvoir, soit laissent faire pour punir ceux qui ont des penchants islamistes ou qui avaient « mal » voté, soit, pour garder le pouvoir absolu, se livrent à une répression aveugle et sanglante au mépris des droits élémentaires de la population que tout régime politique est en principe chargé de défendre.
Une commission internationale pour éclairer sur les sources et les auteurs de violences serait la bienvenue.
Que fait la France ?
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Congrès
Ce numéro de Plurielles comporte plusieurs interventions faites lors du Congrès de la Fédération Internationale de Juifs Humanistes et Laïques qui a eu lieu à la Sorbonne les 5, 6, 7 octobre 1996 sur le thème : “Juifs parmi les nations”. Ce thème est central pour les Juifs depuis leur Émancipation, c’est à dire depuis leur entrée de plein pied dans la modernité. Nous n’avons pu publier que quelques unes des passionnantes contributions qui ont été faites, à ce congrès co-présidé par nos amis Albert Memmi et Sherwin Wine, nos ancien et actuel présidents.
Comme il est de tradition dans les congrès de la FIJHL, un hommage a été rendu à des personnalités juives : on trouvera donc celui rendu à Elisabeth et Robert Badinter et à Simone Veil, ainsi que leurs réponses, qui sont une belle contribution à l’analyse de la condition juive moderne dans sa diversité. Nous n’avons pu y inclure l’hommage rendu à Yaïr Tzaban, Homme politique israélien, militant infatigable de la paix et de la laïcité et des droits de l’homme ; ni sa réponse. On les trouvera, avec d’autres, nous l’espérons, dans le prochain numéro.