En manière d’avertissement Ces Ephémérides commencent à peu près au lendemain de la parution de notre dernier numéro de Plurielles.

Est-il besoin de préciser, que je me suis interdit de « corriger » la moindre information. Je veux dire que j’ai laissé aux événements leur vérité chronologique même si, à la lumière de faits survenus ultérieurement, j’ai pu « lire » différemment l’actualité concernée. C’est ainsi que je n’ai, à aucun moment, voulu « rafraîchir » l’état de mes réflexions, ce qui aurait ôté à ce travail tout l’intérêt que, je l’espère, vous lui porterez.

Mai 1999 Ce mois de mai, après un avril tissé de pluie et de froid, se termine en apothéose caniculaire.

Ce mois est aussi le troisième de ce qu’on commence à appeler la guerre du Kosovo. Oui, face à notre incrédulité, c’est bien d’une guerre dont il s’agit, avec son cortège de chiffres insupportables pour notre échelle de valeurs : le nombre des déportés (ou des réfugiés, les médias ne se sont pas encore décidés sur le terme), le tonnage des bombes et le nombre des sorties d’avions des forces de l’Otan. La table des négociations, si tant est qu’elle soit opérationnelle, est dressée au milieu des gravats.

Tous les « Y’a qu’à » de bonne volonté commencent à se rendre compte que la solution n’est ni dans leur poche, ni, hélas ! dans celles de la communauté internationale. 17 mai, au soir : Israël a changé de Premier de ce scrutin, la volonté exprimée du peuple israélien d’en finir avec la guerre, avec les guerres qui ont, depuis plus de cinquante ans, ensanglanté cette partie du monde. Peut-on y lire le souci de ce peuple d’installer dans son pays une forme d’équité, sinon de justice entre les diverses ethnies, les diverses couches sociales qui le composent ? Je le souhaite ardemment.

Ehoud Barak aura-t-il une politique aussi ronde, aussi dépourvue d’angles vifs que sa silhouette généreuse ? Les yeux d’un homme parlent souvent plus juste que ses mots. Il m’arrive d’avoir peur du regard de Barak. La notion d’Etat Palestinien a pris maintenant droit de cité. Quand donc se rendra-t-on compte que l’existence réelle de cet Etat est le plus sûr garant de paix et de vie pour l’Etat d’Israël ? Dans son discours, prononcé sur la place Itzhak Rabin, le tout nouveau Premier Ministre a parlé de l’éternité de Jérusalem, mettant là l’accent sur un des points les plus épineux des futures négociations, mais aussi, il a annoncé son intention de rendre les territoires du Sud-Liban, actuellement occupés par l’armée israélienne.

Je crains toujours les hommes politiques lorsqu’ils parlent d’éternité, car il y a quelque romantisme à associer la politique, éminemment éphémère par définition, à l’éternité, éminemment transcendante par définition elle aussi.

C’est pourquoi ces deux annonces, d’aspect antinomique, ont suscité en moi deux ordres de réflexions :

Premièrement : le romantisme, chez un homme politique, est un état d’âme dangereux, mais qui peut être, dans le même temps, créateur.

Le fil du temps Rolland Doukhan

Deuxièmement : le réalisme, pour un homme politique, devrait être la façon de regarder la réalité dans un miroir, je veux dire de laisser la réalité vous regarder. Pour ce faire, il faudrait évacuer un peu du poids de son propre ego, pour ménager un peu plus de place à cette réalité objective, cette réalité qui comprend, bien sûr, le monde, c’est à dire l’immense univers des choses, et aussi les autres, c’est à dire l’immense univers de l’humanité.

Le Festival du cinéma de Cannes s’est terminé dans une sorte de scandale ridicule en regard de la gravité des événements qui se passent dans le monde. Le fait que des films d’aspect et de caractère, disons, militant, aient été primés, suscitant des vagues de protestations indignées, pose deux questions : la première serait celle de la qualité même de la culture, la seconde celle de son contenu et, par là même, de sa finalité. S’engager ou pas, vieux problème qui devient quelque peu poussiéreux.

Ce mois de mai a vu aussi le Tribunal Pénal Inernational (le TPI) condamner Svobodan Milosévitch pour crime contre l’humanité. Mis en accusation, le président yougoslave ne peut plus sortir de son pays. Pourtant, c’est avec lui que la Communauté Internationale, ou à tout le moins, l’Otan, devra discuter si elle veut arriver à une solution pacifique du problème du Kosovo. 3 juin Depuis cette date, la guerre au Kosovo s’est transformée en une paix au Kosovo, une paix étrange qui cohabite avec une guerre qui perdure. Les délégations ne cessent de se rencontrer à des postes-frontière tandis que les avions continuent de bombarder.

Les choses se déroulent dans un chaos totalement abscons. On apprend, par exemple, que les forces serbes sont en train de se retirer. Deux heures plus tard, un chiffre dérisoire tombe sur les téléscripteurs : 48 soldats serbes sont encore au Kosovo. Un peu plus tard encore, la délégation serbe s’est rendue à Belgrade pour rendre compte des premières discussions. Puis, retour dans un autre poste-frontière pour discuter avec le général britannique Jackson, chef suprême des forces de l’Otan. Personne ne comprend plus rien à l’étrange cohabitation de cette guerre et de cette paix. Y a-til des réfugiés dans des camps ou ailleurs ? Et si réfugiés il y a, leur retour est-il probable ? Improbable ? Reporté ? Et ce retour sera-t-il partiel ou total ? Personne ne sait rien. C’est déjà le 6 juin.

En fait, on nous dit que la fin de la guerre a pourtant commencé vers le 30 ou le 31 mai. 7 juin 1999 La délégation yougoslave a présenté aux représentants de l’Otan une proposition qui ne garantit ni la sécurité des réfugiés, ni le retrait complet des forces yougoslaves. Toutefois, les deux parties laissent pour le moment la porte ouverte aux discussions.

Madeleine Allbright s’est envolée pour l’Allemagne où doivent se réunir, à Bonn, les ministres des Affaires Etrangères du G8 pour parler de l’affaire yougoslave. En attendant, en l’absence d’un accord complet, les bombardements continuent. En fait, en cette période d’intenses négociations, les deux parties ne parlaient de la même chose.

Ehoud Barak garde toujours le silence, aujourd’hui 7 juin, jour de la séance solennelle de réouverture de la Knesset, sur les pourparlers, les tractations pour la formation d’un gouvernement d’union nationale, tache qui paraît presque impossible. On tire à hue et à dia de tous côtés, la droite se préparant à conspuer ceux qui, en son sein, voudraient plus ou moins participer au gouvernement.

Mardi 8 juin Au Kosovo, la paix avance, la guerre recule. Puis, la guerre avance à nouveau, et bien sûr la paix recule. Les grandes puissances, à vouloir tirer chacune à soi les marrons du feu, finissent par laisser le feu dévorer les marrons. Et les populations.

Voilà 10 jours que l’affaire de la dioxine a éclaté. Plus personne, en Europe, ne sait quoi manger. Au départ, on avait parlé de poulets contaminés, puis il a été question des œufs, puis des produits dérivés du lait, puis de la viande bovine, puis des porcs. Une angoisse qui ne dit pas son nom filtre au travers des différentes informations que chacun cherche à interpréter. En réalité, personne ne sait trop rien, et chacun voudrait laisser peser la responsabilité de cette énorme affaire sur le voisin. 9 juin 1999 Il est 22 heures : enfin, une signature. Les pourparlers de paix, entre les Serbes et les représentants de l’Otan, aboutissent. Tant il est vrai que, quel que soit le nombre des morts, les guerres finissent toujours par quelques noms inscrits au bas d’une feuille de papier. Cette signature signifie, en principe, que les forces yougoslaves doivent, dès le 10 juin, commencer à évacuer le Kosovo. Cette guerre aura duré 78 jours dont chacun aura été marqué par des bombardements. Quant au nombre des morts, il restera à évaluer sans pour autant pouvoir être jamais précisé ni prouvé.

Bien sûr, on n’a pas commencé à parler de la paix au Kosovo, de l’entrée progressive des soldats de la Kafor, la fameuse force de paix, que déjà un autre bruit vient remplacer le silence des canons qui se sont tûs : le bruit des caisses enregistreuses. On parle de milliards de dollars, ce qu’il faudrait dépenser dans une sorte de nouveau Plan Marshall pour reconstruire ce pays t i t dét it Il serait normal que l’Europe et les Etats-Unis, et en tout cas, tous les pays qui se sont élevés contre la dictature et les exactions monstrueuses de Milosévic, refusent d’accorder le moindre dollar pour ces réparations tant que l’actuel président de la Serbie reste au pouvoir. Une question se pose alors : comment se fait-il qu’un peuple qui a vu son pays aux trois quarts détruit, qui a vu des bombes tomber nuit après nuit sur ses villes et ses usines, mettant en ruines son énergie et ses emplois, comment ce peuple peut-il laisser le pouvoir suprême à l’homme qui est à l’origine de ce qu’on peut déjà appeler une véritable défaite humanitaire. Cet homme a fait subir à son pays quatre désastres successifs, et il est toujours président. De quoi sera fait l’avenir de ce pays lorsque les Kosovars retrouveront leurs maisons en ruines, lorsqu’il faudra bien imaginer une nouvelle manière de faire vivre côte à côte les bourreaux et les victimes ? Quel aspect aura la rue dont un immeuble sera habité par des Serbes chrétiens, face à un autre immeuble occupé par des Kosovars musulmans ? En fait, la vraie question qui se pose est : la haine at-elle un avenir ? Malheureusement, l’Histoire a souvent répondu oui à ce genre de question.

Lundi 14 juin 1999 C’est le lendemain des élections européennes.

L’Europe se réveille avec un nouveau parlement qui a basculé à droite, alors que la France, exception européenne, se réveille, elle, avec des élections remportées par la gauche. Il faut cependant noter le chiffre impressionnant, un véritable record, des abstentions : 53 % des Fran- çais ne sont pas allés voter. Ce qui signifie que sur un corps électoral d’environ 40 millions de Français, un peu moins de 19 millions se sont rendus dans les bureaux de vote. Sur ces 19 millions, la gauche arrive en tête : le parti socialiste, avec François Holland totalise près de 22 % (21 9 %) l V t d h D i i

Voynet et Daniel Cohn-Bendit obtiennent 9,7 % des suffrages. Le grand perdant, à gauche, est Robert Hue, secrétaire du Parti Communiste, avec sa liste un peu hétérogène « Bouge, l’Europe «, qui ne fait que 6,8 %. Krivine et Laguillet totalisent, eux, 5,2 %.

A droite, la grosse défaite est celle de Nicolas Sarkozy. En effet, la liste arrivée en deuxième position, (loin) derrière celle de François Holland, n’est pas la sienne. C’est bien une liste de droite, mais c’est celle de Pasqua-Devilliers qui obtient 13,1 % des voix. Sarkozy, dont on s’accorde à dire qu’il a été plus ou moins choisi par l’Elysée, n’obtient, lui, que 12,7 %. Sa défaite peut donc être lue comme étant celle aussi du Président Jacques Chirac.

La liste de l’UDF, conduite par François Bayrou, s’en tire très honorablement avec 9,3 %.

L’extrême droite, elle, s’est effondrée. Les causes en sont multiples, mais, bien sûr le divorce Le Pen-Mégret y est pour beaucoup : le Front National ne fait plus que 5,7 %. Quant à Mégret, il disparaît avec 3,3 %.

Dans le reste de l’Europe, notons la surprise du vote à droite de l’Angleterre de Tony Blair, et le soufflet que reçoit le nouveau chancelier Schrœder en Allemagne, avec seulement 30,8 %.

Il perd manifestement ces élections au profit des Démocrates Chrétiens qui font, eux, 48,9 %.

Le fait marquant dans ce scrutin européen, est que la France reste le seul pays où la gauche soit sortie vainqueur de ces élections. 16 juin 1999 Au Kosovo, avec l’avancée progressive de la Kafor, on découvre des charniers, des preuves des massacres perpétrés par les Serbes. Au milieu de cette fin de guerre, on s’aperçoit de ce fait simple et horrible : un groupe humain a tenté duquel il vivait. Cela s’appelle un génocide. Et rappelle d’autres massacres dont on croyait qu’ils seraient les derniers. 18 juin 1999.

Les troupes de la Kafor continuent d’investir le Kosovo. Et continuent de découvrir les preuves et les traces des horreurs commises par les soldats serbes. Aux charniers, ont succédé maintenant les corps découverts en plein air, abandonnés sous des buissons, n’importe où au milieu des villages désertés. 24 juin 1999 Après une absence de 6 jours, pour cause d’hospitalisation, je reprends le cours de ce « fil du temps ».

En réponse à une nouvelle attaque des Hesbollahs par katiouchka, au nord d’Israël, attaque qui a fait 2 morts israéliens à Kirié Chmona, on apprend qu’une des dernières décisions prises par l’ex Premier Ministre B. Natanyaou, est le bombardement d’une centrale électrique à une trentaine de kilomètres de Beyrouth. Ce bombardement qui a fait 8 morts parmi les Hesbollahs, a, par ailleurs, plongé la capitale libanaise dans le noir. Mais surtout, le résultat de cette escalade absurde est que le Liban s’est retrouvé dans l’état d’esprit qu’avait déclenché la fameuse guerre dite des « Raisins de la colère ». C’est le retour des vieilles peurs et, bien sûr, la renaissance de la haine. Jusques à quand, tout ça ? 6 juillet 1999 Nous apprenons que le Premier Ministre israélien a enfin formé son gouvernement. C’est un gouvernement très large, sans la présence manifeste du Parti de Nétanyaou, mais avec toutes les composantes de la vie politique israélienne, y compris les ultras religieux. Cette présence est, pour le Premier Ministre un gage de

Quoi qu’il en soit, dans son discours d’investiture, Ehoud Barak a annoncé d’emblée qu’il réclamait la paix des braves, et avec la Syrie, et avec les Palestiniens. Pour l’instant ce ne sont que des mots, la communauté internationale attend que le gouvernement israélien tienne parole non seulement sur la lettre, mais aussi sur l’esprit des accords de White Plantation, accords qu’il a contresignés aux côtés de l’Autonomie Palestinienne. 8 juillet 1999 Iran. Depuis plusieurs jours, d’importants mouvements de protestation ont commencé de secouer la capitale et la province iraniennes. A l’origine de ces mouvements, l’Université, les étudiants.

Il ne s’agit pas là, pourtant, d’un 8 mai 68. On serait plutôt devant la réaction de toute une population, l’émergence de ce qu’on appelle un peu partout aujourd’hui, la société civile. Et si l’on rappelle que 75 % de la population de l’Iran a moins de 25 ans, cette nouvelle prend un caractère tout à fait exceptionnel. Des dizaines de milliers de jeunes gens descendent dans les rues pour protester contre l’oppression du pouvoir, contre les règles de la vie privée, institutionalisées par le pouvoir islamique. Il faut savoir qu’il y a déjà beaucoup de tués et de blessés, et de très nombreuses arrestations.

Ces jeunes gens meurent ou sont arrêtés, non pas au nom d’une idéologie ou d’un parti, mais parce qu’ils réclament le droit de vivre, de marcher dans la rue avec le vêtement de leur choix, le droit de rire, de chanter et d’aimer. Cette situation exceptionnelle a été initiée bien sûr par la présence à la tête du pays du nouveau président modéré Khatami, lequel, malheureusement, ne possède pas la réalité du pouvoir qui se trouve entre les mains du tout puissant successeur de l’ayatolah Komeini, l’ayatola Rasvanjani. 11 juillet 1999 Ouverture du nouveau sommet de l’OUA à Alger. On a pu entendre le Président algérien Bouteflika annoncer à la télévision, parmi le programme des réformes qu’il compte proposer à son pays, sa volonté de rendre un hommage appuyé à la communauté juive de Constantine. Ces mots prononcés dans le contexte politique de l’Algérie d’aujourd’hui sont proprement incroyables. Ils reflètent, en tout cas, le regard lucide et, pour ainsi dire, historique, que le Président algérien jette sur l’identité profonde, et je le rappelle, plurielle, de son pays, et mettent en lumière la réalité de la présence millénaire d’ue communauté juive au Maghreb.

Bruno Etienne, plusieurs jours plus tard, restera le seul intellectuel à faire remarquer, au milieu du silence assourdissant des médias à ce propos, l’importance symbolique de cette reconnaissance de la pluralité identitaire de l’Algérie. 14 juillet 1999 Les manifestations de Téhéran, qui ont tourné à l’émeute, sont maintenant muselées, car le Président réformateur Khatami semble avoir cédé à la pression du chef suprême, héritier de l’ayatolah Komeini, l’ayatola Rasvanjani qui a interdit toute manifestation sur la voie publique. 16 juillet 1999 Jacques Chirac inaugure le Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. Il faut noter que la division « Das Reich » comptait dans ses rangs beaucoup de « Malgré eux », ces appelés alsaciens que la Wermacht avait versés d’autorité dans la division SS « Das Reich », division responsable du massacre d’Oradour.

De son côté, Lionel Jospin, accompagné de sa femme d’origine polonaise, est allé se recueillir à Auschwitz.

22 juillet 1999 Dans la soirée, le speaker de la télévision marocaine annonce la mort du roi Hassan II. Son fils, désormais Mohammed VI, lui succède.

A l’occasion des obsèques du roi, on a pu assister sur les écrans à une rencontre entre le Président algérien Bouteflika et le Premier Ministre israélien Ehoud BaraK.

A l’approche de l’éclipse totale de soleil du 11 août prochain, une véritable frénésie, sinon une psychose s’est installée, pour la recherche de lunettes de protection. Déjà, des lunettes d’origines colombienne et taïwanaise, non conformes ont été retirées de la vente. 5 août 1999 En dehors des Juifs de Constantine, qui se souvient de l’anniversaire du pogrom de 1934 ? Cela fait donc aujourd’hui 65 ans que ce pogrom a eu lieu, marquant profondément, intimement la chair des Juifs de ma ville, et plus largement celle des Juifs d’Algérie dans leur ensemble.

Pourquoi une telle blessure et pourquoi si longtemps ? Parce que ce pogrom est l’image même de ce que nous pensions, à l’époque, être un antagonisme, une haine quasi biologique entre deux ethnies vivant côte à côte, entre deux groupes sociaux, entre deux religions. Depuis, on a analysé les causes, le déroulement et la finalité même de cette terrible journée. Bien sûr, on a mis l’accent sur la famine qui frappait le peuple algérien cette année-là, sur les promesses non tenues par la France coloniale, sur les inégalités sociales.

Et bien sûr, il faut le dire, ce sont des Arabes qui ont tué des Juifs (26 exactement). Mais cela s’est fait sous les yeux de l’armée de la France qui n’a pas levé le plus petit doigt pour sauver la vie de citoyens qui étaient français, il faut le rappeler.

L’armée est restée l’arme au pied. 6 août 1999 Ehoud BaraK vient de nommer un arabe israélien, Naalef Massalia, au poste de vice-ministre des Affaires Etrangères. Ainsi donc, pour la première fois, un diplomate arabe pourra représenter l’Etat d’Israël à toutes les réunions concernant les Affaires Etrangères. Geste important en direction des Palestiniens et du monde arabe, en ces temps d’attentats meurtriers (2 israéliens viennent d’être blessés à Hébron) et de ripostes non moins meurtrières de l’armée israélienne.

Encore un anniversaire, peut-être le plus terrible qui soit : le 6 août 1945, une bombe tombait sur Hiroshima, la première bombe atomique utilisée contre l’humanité, et elle faisait 100 000 victimes.

Cette terrifiante décision contre un adversaire déjà battu, et presque à genoux, a-t-elle été prise pour mettre fin à la guerre ? pour faire une indéfendable expérimentation ? ou pour bloquer l’avancée des armées soviétiques en extrêmeorient ? L’Histoire n’a pas encore donné de réponse claire à ces questions.

Ce 6 août, à minuit, se termine le feuilleton qui agite depuis plusieurs mois la presse fran- çaise et européenne : le mariage de la BNP et de la Société Générale. Plus aucun actionnaire ne peut plus échanger ses actions contre d’autres.

Résultats, le 17 août.

Je m’avise qu’il est presque indécent de mettre côte à côte deux anniversaires qui semblent si loin l’un de l’autre au plan de leur signification : le premier, en effet, si implacablement irréversible, relève d’une atteinte à l’éthique puisqu’il est l’image d’une destruction voulue d’une humanité. Le deuxième, si dérisoirement éphémère, est le symbole de cette mondialisation qui tente d’effacer des différences dans le creuset d’une humanité strictement économique. Mais c’est ainsi

3 septembre 1999 Le journal parlé de ce matin annonce que les négociations entre Ehoud Barak et Yasser Arafat, en dépit des efforts de Madeleine Allbright, sont toujours au point mort. La paix n’est pas encore pour aujourd’hui, ni même pour demain. Les négociations achoppent sur la question du nombre de prisonniers à libérer et sur celle du calendrier de retrait des forces israéliennes de Cisjordanie.

Ehoud Barak veut s’en tenir à un nombre de 350 prisonniers, et de plus, ces prisonniers ne doivent pas être membres du Hamas. Yasser Arafat, lui, demande la libération de 400 prisonniers.

En fin de journée, nous apprenons que les négociations ont enfin abouti : après 8 mois de blocage, Yasser Arafat accepte le nombre de 350 prisonniers à libérer, et par ailleurs, un accord sur l’application du mémorandum de White Plantation a finalement été trouvé. Les dispositions prises à White Plantation vont être signées, il faudrait même dire contresignées, par Ehoud Barak et Yasser Arafat, dès la fin du chabbath, c’est à dire au soir du samedi 4 septembre. Cette signature se ferait à Charm-el-Cheikh, en Egypte, en présence du Président Clinton.

La mise en œuvre de cet accord devrait se matérialiser très rapidement ensuite par un nouveau retrait militaire de 7 % de la Cisjordanie. Parallèlement, les discussions sur le statut final des territoires palestiniens devraient commencer. Elles portent notamment sur les frontières d’un éventuel Etat Palestinien, sur le statut de Jérusalem, le retour des réfugiés et le démantèlement des colonies juives dans les territoires autonomes, autant de questions qui laissent augurer de nouvelles crises et de probables ruptures dans le Peace Process.

L’accord qui va être signé au soir du 4 septembre fixe à septembre 2000, soit dans un an, la date butoir pour la conclusion d’un traité définitif sur l t t t fi l d t it i l ti i 5 septembre 1999 Hier soir, à Charm-el-Cheikh, le processus de paix semble s’être remis en marche. Ce nouveau traité, qui aura nom traité de Charm-el-Cheikh, entérine des données légèrement différentes de celles de White Plantation. Ehoud Barak et Yasser Arafat ont signé ce traité en présence, bien sûr, de Madeleine Allbright, mais aussi devant le Président égyptien Hosni Moubarak et le nouveau roi de Jordanie.

Le nouveau traité envisage la restitution de 6 % des territoires de Cisjordanie encore occupés, alors qu’à White Plantation, la restitution prévoyait 13 %. Le nombre des prisonniers libérés reste fixé à 350, et Ehoud Barak refuse toujours la libération de prisonniers membres du Hamas.

La signature de ce traité a été immédiatement désavouée et par le Hamas, et par le nouveau Président de la droite israélienne, Ariel Sharon. 5 septembre 20 heures Moins de 24 heures après la signature de l’accord de Charm-el-Cheikh, 2 attentats, œuvre des extrémistes palestiniens, endeuillent et ensanglantent Israël : l’un à Haïfa, l’autre à Tel Aviv.

Probablement 3 morts. La paix au quotidien est encore loin. La véritable épreuve pour Ehoud Barak a commencé. 8 septembre au matin Tremblement de terre à Athènes. De moindre gravité que celui de la Turquie, mais qui permet cependant de démontrer que lorsque les cataclysmes sont naturels, la solidarité le devient aussi, puisque que les Turcs sont venus prêter main forte aux Grecs, comme ceux-ci l’avaient fait lors du séisme d’Anatolie.

Au Timor oriental, les milices anti-indépendantistes continuent de faire régner la terreur et d id l d h bi L

entièrement désertées, des fumées noires s’élèvent des maisons abandonnées de leurs occupants. Dernier refuge : le QG des Nations Unies.

Hier, l’ONU a envoyé une délégation à Djakarta, mais pour le moment, le gouvernement indonésien refuse tout déploiement d’une force internationale au Timor oriental. Depuis deux jours, le pouvoir y est cependant confronté à des protestations internes. Les étudiants ont commencé à manifester contre le régime et la toute-puissance des militaires dans leur pays.

Il y a quelques jours encore, qui connaissait l’existence du Timor ? Mieux, qui savait qu’il existait un Timor oriental et un Timor occidental ? Et pourtant, on parle déjà de déplacement de populations et même de génocide, encore que ce mot commence à être utilisé à tort et à travers.

L’Indonésie, dont on disait qu’elle était le pays le plus peuplé de musulmans non arabes, devient tristement célèbre pour un nouveau nationalisme exacerbé. 10 septembre 1999 L’affaire du Timor est en train de tourner véritablement au génocide. Et il y a quelque chose d’incompréhensible dans le fait que personne au monde n’a le droit d’intervenir, ni n’intervient d’ailleurs, dans un massacre perpétré en pleine lumière : des miliciens anti-indépendantistes, donc indonésiens, assassinent une population qui vient de se prononcer démocratiquement pour son autonomie vis-à-vis de l’Indonésie. L’ONU lui-même est en danger. Son personnel évacue les bâtiments où il siégeait, bâtiments qui avaient commencer à servir de refuge à une partie de la population.

Les écrans de télé sont évidemment envahis de ces images de réfugiés, de transferts de populations. Déjà, des camps d’accueil sont dressés en Australie, terre la plus proche du Timor. La morale internationale s’effondre littéralement.

Aujourd’hui, 10 septembre, c’est aussi la rentrée scolaire en Israël. Cette rentrée est marquée par une controverse importante concernant l’enseignement de l’Histoire du pays. En effet, il est question maintenant de « relire «, pour ainsi dire, l’Histoire d’Israël, surtout au niveau de la naissance de l’Etat, des guerres qui ont précédé et accompagné cette naissance, et entre autres, bien sûr, la guerre des Six Jours, mais aussi l’expulsion des populations palestiniennes. Ce serait une véritable remise en question de toute l’imagerie d’Epinal qui a accompagné cette partie de l’Histoire. On va, semble-t-il, tenter d’exhumer la véritable histoire des villages palestiniens martyrs, tenter d’exhumer l’histoire des transferts de populations qui ont eu lieu en terre d’Israël.

Lundi 13 septembre A Djakarta, le président indonésien annonce qu’il accepte l’arrivée d’une force internationale de paix. Reste que l’arrivée et l’installation de cette force nécessitera au moins deux ou trois jours, pendant lesquels les milices vont continuer leurs massacres.

Moscou, depuis 15 jours, doit faire face à une forme aveugle de terrorisme qui fait sauter de simples immeubles d’habitation. Cette nuit, une troisième explosion a soufflé un immeuble de 8 étages. Comme dans les attentats précédents, seuls des cadavres ont été extraits des décombres. Ces attentats ont fait déjà, semble-t-il, plus de deux cents morts. Sommes-nous devant la réponse terrifiante des islamistes du Taghestan à la tentative de « nettoyage » par la Russie de cette région du monde ?

Hier soir, ont commencé, au point de passage entre Israël et Gaza, les négociations concernant le statut final des territoires palestiniens, élément essentiel du conflit entre les deux parties. Le compromis, signé il y a 10 jours en Egypte, prévoit que, d’ici 5 mois, un accord-cadre doit être trouvé et qu’un réglement final doit être atteint

15 septembre Ce soir se terminera le référendum organisé en Algérie à l’initiative du Président Bouteflika.

La question posée est en réalité très simple : êtesvous pour ou contre la paix et la concorde civiles ? Evidemment, un oui massif est attendu.

Mais ce oui sera-t-il un oui à un pardon collectif ou, plus réalistement, un plébiscite pour le Président ? Malgré tout, en dépit du passé politicien chargé de Boutéflika, la mise en œuvre des réformes qu’il a annoncées, incline à penser, compte tenu des années que l’Algérie vient de vivre, que l’action du Président pourrait s’avérer positive. 17 septembre C’est la fin du référendum algérien marqué par deux chiffres étonnants encore que prévisibles : 1) La participation a été de l’ordre de 75 % du corps électoral. 2) Le oui a obtenu 98,3 %.

Bien sûr, si ce dernier chiffre ressemble beaucoup à un plébiscite, il est aussi le reflet du désir du peuple algérien d’en finir avec la tragédie qu’il traverse. Ces résultats confortent le Président algérien dans sa prise en mains des rênes du pouvoir, et placent, par ailleurs, au second plan, les conditions douteuses de sa récente élection, élection dont il a été le seul candidat.

Que va-t-il faire aujourd’hui de ce pouvoir renforcé et légitimé, mais quelle va être aussi la réponse des islamistes à cette main tendue ? 20 septembre 1999 C’est le Yom Kipour, et il pleut à verse sur Paris. Et bien sûr, il n’y a aucune relation entre ces deux réalités. 21 septembre 1999 Nouveau tremblement de terre à Formose qui it f it l d 1 500 t Le Timor semble arriver à une solution. Les premières rotations se font entre Darwin, en Australie, et Dili, la capitale du Timor. Reste à déterminer l’attitude des milices anti-indépendantistes toujours présentes, et du gouvernement indonésien, lequel réclame déjà, par la bouche de son président, des sanctions contre l’attitude jugée interventionniste de l’Australie.

Mais une solution semble déjà en vue. 22 septembre Pour la deuxième fois, expérience des villes sans voitures. 66 villes sont concernées en France et en Europe.

Le nombre des morts à Taïwan augmente d’heure en heure (plus de 1 700) et plus de 3 000 personnes seraient encore sous les décombres.

Au Timor, le retour des réfugiés se fait dans le chaos, tandis que les milices anti-indépendantistes renouent avec la violence.

A l’ONU, Lionel Jospin rencontre le président Boutéflika. Tous les dossiers ont été abordés, y compris celui des transports par Air-France sur la ligne Paris-Alger.

La France reçoit aujourd’hui le Premier Ministre israélien Ehoud Barak. Au programme, bien sûr, la poursuite du processus de paix. Essentiellement, le Premier ministre va discuter avec le Président Chirac et avec Lionel Jospin, des possibilités de réintroduire la Syrie dans les négociations de paix. Yasser Arafat, lui, a déjà accordé un satisfecit à Ehoud Barak en reconnaissant qu’Israël a appliqué à la lettre l’accord signé il y a 15 jours à Charm-el-Cheikh.

Ehoud Barak est en effet prêt à discuter de tous les problèmes, en particulier de celui du Golan, ce plateau occupé par Israël après la guerre de 1967, et annexé en 1981. Les discussions concernant ce problème avaient cessé avec la Syrie depuis 1996. Le Premier israélien est obligé d’al-

sive des attentats terroristes, car l’instauration d’une sécurité durable est le garant le plus sûr du développement économique de la région. 23 septembre 1999 Ehoud Barak a rencontré Jacques Chirac. Tous deux sont convenus qu’une opportunité historique pour la paix était en route. Ehoud Barak s’est donné un délai de 12 à 15 mois pour mener à bonne fin les discussions de paix avec la Syrie, précisant même que l’essentiel du dossier concernait le Golan, question on ne peut plus brûlate à l’intérieur d’Israël. Cette question comporte, en effet, une autre question sous-jacente et primordiale pour la vie de toute cette région : la question de l’eau. Est-il besoin de préciser que l’eau, celle du lac de Tibériade en particulier, reste la richesse convoitée par tout un chacun, une richesse qui demande une équité d’utilisation dont nous sommes loin aujourd’hui ?

Au Timor, la tension augmente. Des soldats australiens ont été obligés d’ouvrir le feu sur des milices anti-indépendantistes et sur des soldats indonésiens.

Dimanche 26 septembre 1999 Ce soir, se termine la sempiternelle et déplorable fête du Front National, dite fête des Bleu- Blanc-Rouge. Jean-Marie Le Pen, qui voudrait bien reprendre un peu de poids dans le paysage politique français, termine son discours par ces propos : l’Islam est une religion pratiquée par plus d’un milliard d’individus dans le monde. La plupart sont jeunes, et la plupart sont pauvres. Pour la société occidentale décadente que nous sommes, l’Islam représnte donc un réel danger. Je n’ai pas mis de guillemets à ces propos parce que je n’en ai retenu que l’esprit et non la lettre, mais ils se passent d’autres commentaires.

Je retrouve, à l’instant, les termes précis employés par Le Pen : « L’Islam est une religion jeunes, généralement pauvres. Pour notre monde, matérialiste et décadent, cela est une menace objective. » 15 octobre Ce matin, avec une semaine de retard sur le calendrier prévu, commence, en Israël, la libération des prisonniers, qui était une des clauses les plus importantes prévues par l’accord signé à Charm-el-Cheikh le mois dernier. Ce retard s’explique par le temps nécessaire à la vérification de l’identité des prisonniers dont il fallait être sûr qu’ils n’avaient sur les mains aucune goutte de sang israélien. Les premiers libérés sont au nombre de 151. 17 octobre 1999 Médecins Sans Frontières, l’ONG qui a porté l’aide et l’espoir sur tous les fronts où la guerre et la folie des hommes sévissent est Prix Nobel de la Paix. Cette organisation humanitaire s’est imposée non seulement pour les soins qu’elle a prodigués à travers le monde entier, mais elle a aussi porté témoignage, bousculant la diplomatie tiède et précautionneuse, faisant éclater le scandale des massacres et des tortures. Elle a, pour ainsi dire, concrétisé le droit d’ingérence. 18 octobre 1999 Il peut sembler un peu indécent, un peu ridicule, au milieu de l’immense clameur du monde, de noter dans ces Ephémérides le début du procès intenté à Xavière Tibéri pour une somme de 200 000 fs. qu’elle aurait indûment perçue pour un rapport truffé de fautes d’orthographe. Je le signale donc, pour mémoire.

Dans le même ordre d’idées, je signale aussi le retour sur la scène médiatique du préfet Bonnet, de l’histoire des paillottes incendiées, feuilleton de l’été, et accessoirement, du problème corse, une fois de plus dévié de sa signi-

Manifestation aujourd’hui d’environ 4 000 colons juifs de Cisjordanie devant le domicile du Premier Ministre israélien. Ces colons protestent violemment contre le démantèlement de 12 colonies juives. Mais Ehoud Barak reste ferme sur ses positions, annonçant que ces colonies seront démantelées d’ici 15 jours. Par ailleurs, la route qui relie Gaza à la Cisjordanie, et qui devait être rouverte il y a 15 jours, reste fermée.

Sa réouverture a été reportée sine die. 19 octobre 1999 Mort de Nathalie Saraute. Une de ses pièces, « Pour un oui ou pour un non », était encore à l’affiche à Paris ces deux derniers mois. Nathalie Saraute était un grand écrivain, et fait exceptionnel, son œuvre était entrée de son vivant dans la prestigieuse collection de la Pléiade, chez Gallimard.

Elle était née en 1902 en Russie, et avait donc près de 99 ans. Dès 1933, son ouvrage « Tropismes » faisait sensation par son inovation. C’était un ensemble de textes que ne liait entre eux aucune intrigue narrative. De nombreux autres livres firent ensuite sa renommée, comme « Le portrait d’un inconnu », en 1949, préfacé par Sartre qui le qualifiait d’anti-roman, « Le Planetarium », en 1959, « Les Fruits d’or », en 1963, et bien d’autres encore, sans oublier ses pièces radiophoniques. Elle a été bien sûr l’une des plus sûres valeurs de ce qu’on a appelé le Nouveau Roman. 20 octobre 1999 On apprend ce matin que le préfet Papon, qui devait se présenter devant le tribunal la veille de son pourvoi en cassation, ne sera pas présent. Il a d’ailleurs disparu depuis plusieurs jours. Papon, dans un récit confié à un journal du sud ouest, confirme qu’il ne tient pas à se livrer à la justice.

Ses avocats ont immédiatement commencé une t éd t d l’ li ti d jugement d’avril 1998 qui le condamnait à la prison ferme, jugement devenu exécutoire du fait de son absence devant la cour de cassation.

Toujours aujourd’hui, dans le domaine judiciaire, ouverture du procès de l’abbé Cottard, responsable de la mort de 4 jeunes scouts et d’un plaisancier, tragédie survenue l’an dernier au large de Perros Guirec. 21 octobre La fuite de Papon tourne au scandale médiatique et même national. Maître Klarsfeld semble avoir prévenu le gouvernement français de la possibilité, et même de la probabilité de cette fuite. Pourtant, rien n’a été fait pour empêcher Papon de sortir tranquillement de France, sans que personne ne s’en inquiète.

Parmi toutes les réactions à cette affaire, celle du président du conseil d’état reste la plus digne d’attention. En effet, maître Badinter a expliqué que les procès du type de celui intenté au préfet Papon sont importants surtout parce qu’ils rendent concrets des faits, des événements historiques qui étaient peu à peu devenus, aux yeux des jeunes générations, des mots abstraits, des images reçues. C’est ainsi que des mots comme « collaboration «, «délation » ou « déportation » ont maintenant un visage et ne sont plus assimilés ou même assimilables à des films de fiction. On sait aujourd’hui qu’une simple signature au bas d’un document peut se traduire par un voyage sans retour dans un train, par une maison quittée sans espoir de la revoir. Même si ce n’était que pour ces raisons-là, le procès Papon restera exemplaire.

Il faut rappeler, pour la toute petite histoire, pour la lamentable petite histoire, que le fuyard, non seulement n’a pas payé les indemnités de dommages et intérêts dûes aux victimes, mais avait pris la précaution, un mois avant sa condamnation, de faire une donation entre vivants, t it di t ib é i t t t f t à

ses enfants et héritiers vivants aujourd’hui. Nous ne sommes pas là devant un pauvre vieillard en exil, mais devant un lâche en fuite, traqué par toutes les polices d’Europe.

Ce matin, 21 octobre, on apprend que le fugitif, Maurice Papon a été appréhendé dans un hôtel de la station de sports d’hiver de Gstadt, en Suisse. Il va devoir maintenant purger sa peine de 10 ans de réclusion. 25 octobre 1999 Le voyage du président chinois dans notre pays se termine par l’achat de 28 airbus à la France.

Jacques Chirac avait reçu son hôte dans sa propriété privée d’Auvergne. Le tapis rouge pour un homme que les Droits de l’Homme montrent d’un doigt accusateur. Mais économie et mondialisation obligent.

Elections présidentielle et législatives en Tunisie. Le président Ben Ali, qui a mis en place un pluralisme électoral de façade, (3 candidats se présentaient contre lui), obtient plus de 99 % des voix. Ce genre de résultats n’est pas sans rappeler ceux qui ont fait les plus beaux jours du pouvoir stalinien. Ceci dit, cette campagne a été cependant marquée par la volonté du président Ben Ali de s’ouvrir à l’Europe, et son souci de lui donner, par l’exemplarité de ces chiffres, une caution économique : voyez, semble-t-il dire, la confiance que me témoigne tout un peuple ! Vous pouvez donc investir dans mon petit pays.

Depuis hier, Maurice Papon est incarcéré… à l’hôpital de Fresnes. 26 octobre 1999 En Suisse, le parti d’extrême droite, anti-européen, l’UPC, arrive en tête aux élections. 27 octobre 1999 Les visites officielles se succèdent en France.

Le président iranien, Mohammed Katami, est aront été prises par le ministère de l’Intérieur dans les milieux des opposants au régime vivant en France. Malgré tout, le cortège du président a été l’objet de projectiles divers, dont des œufs. 31 octobre 1999 Le vent des « affaires » semble rattraper le Parti Socialiste : après le premier responsable du parti dans les Bouches-du-Rhône, après le n° 2 du parti, Cambadélis, c’est le ministre des finances, Dominique Strauss-Kahn qui se voit impliqué dans l’affaire de la MNEF. 1er novembre 1999 Réouverture du processus de paix à Oslo. On peut voir, à nouveau sur les écrans, le président Clinton serrant la main à Ehoud Barak et à Yasser Arafat. Il est à noter que la reprise du processus de paix a lieu, quasiment jour pour jour, 4 ans après l’assassinat d’Itzhak Rabin. 2 novembre 1999 Avec beaucoup de solennité, d’émotion et de réserve, le ministre Strauss-Kahn annonce à la presse sa démission. C’est une pièce maîtresse du gouvernement Jospin que « les affaires » écartent de la vie publique.

La récente rencontre d’Oslo semble démarrer sous d’heureux hospices. Un calendrier très précis a été établi, et la décision a été prise de régler le problème des territoires avant septembre 2000.

Après 2 jours de négociations, Oslo se termine donc. Les protagonistes, à savoir, Yasser Arafat, Ehud Barak et le Président Clinton, se sont séparés sur la promesse de convoquer un second sommet à la mi-février, de manière à mener à bien la solution, prévue pour septembre, des territoires occupés. On ne sait pas encore où il se tiendra.

Depuis lundi 1er novembre, une sorte de corridor relie Gaza à la Cisjordanie. Cette route fragile permet aux travailleurs palestiniens de pou-

7 novembre 1999 Ce matin en Israël, après une période d’accalmie, un nouvel attentat suscite de nouvelles passions et de nouvelles inquiétudes dans tout le pays. L’explosion, en plein jour, à Natanya, d’une bombe constituée de 4 tuyaux de plomb bourrés d’explosifs, a fait 27 blessés. Un communiqué du Hamas avait annoncé et prédit « un bain de sang » pour Israël. Dans la rue, des manifestants conspuent le nom de Ehud Barak et scandent celui de Netanyaou. 8 novembre 1999 Un nouveau communiqué vient de revendiquer l’attentat d’hier, à Natanya, au nom du Djihad Islamique.

Malgré tout, les négociations ont repris pour préparer le sommet de la mi-février. Il n’est pas indifférent de noter qu’elles se tiennent à Ramallah.

Nuit du 8 au 9 novembre 1999 On prépare le 10 ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Cette cérémonie se passera bien sûr en présence des principaux artisans de cet événement, en particulier Mikaïl Gorbatchev, Georges Busch, l’ex président des Etats-Unis, et Helmut Kohl. Le chancelier Schrœder sera lui aussi présent. On attend des dizaines de milliers de personnes au concert que dirigera Rostropovitch à la porte de Brandebourg, en souvenir de celui qu’il donna en 1989, concert au cours duquel il avait joué spontanément une fugue de Bach. Ce soir, Rostropovitch conduira un orchestre de plus de 160 violoncellistes. Ce sera le point d’orgue de cette manifestation. En 1989, à l’étonnement de la communauté internationale, la réunification des deux Allemagne s’était opérée presque immédiatement.

Rappelons que le mur de la Honte n’était pas qu’une simple petite cloisonséparant deuxquar tiers ou deux groupes d’immeubles : il mesurait 43 kilomètres.

Affaire des ventes d’armes à Taïwan : 2 dirigeants socialistes sont impliqués, Jean-François Cambadélis et le n° 1 du parti socialiste à Paris, Jean-Marie Le Guen.

La présence à Paris de Ehoud Barak et de Yasser Arafat, à l’occasion du Congrés International Socialiste, va permettre à Jacques Chirac de recevoir les deux protagonistes du processue de paix, dont les négociations ont repris.

Bien sûr, on ne va pas trouver de solutions, comme ça, entre deux portes. Néanmoins, Ehoud Barak a très officiellement annoncé qu’il tenait à ce que le problème des territoires palestiniens soit réglé. En ce qui concerne la question de Gaza et de la Cisjordanie la question sera plus compliquée à résoudre. Mais il a, par ailleurs, déclaré qu’en juillet 2000, l’armée israélienne aurait quitté le Golan.

Les deux dirigeants, Ehoud Barak et Yasser Arafat, ont donc été reçus par Lionel Jospin, mais dans le cadre de l’Internationale Socialiste.

Image très forte sur tous les écrans de télévision de ces deux hommes se serrant la main, puis les dressant unies, face aux caméras.

La veille, 8 novembre, ils avaient été reçus séparément par le Président de la République.

Et là, il a été question des négociations, car pendant que les deux hommes politiques étaient à Paris, leurs négociateurs, eux, étaient à Ramallah et avaient entrepris de résoudre le difficile problème de cette paix au moyen-orient qui se pose depuis des décennies.

En réalité, les Palestiniens demandent simplement l’application des résolutions de l’ONU, en particulier la résolution 242 qui stipule la libération des Territoires occupés et le droit, pour l éf ié d t là ù il h bit i t

Pour les Israéliens, les choses sont un peu moins simples : ils sont d’accord sur l’application des résolutions de l’ONU, mais pas en ce qui concerne Gaza et la Cisjordanie.

Par ailleurs, le Premier Ministre Ehoud Barak a annoncé que quelque chose d’historique allait se mettre en place, que la Paix des Braves pourrait enfin s’instaurer entre Israël et la Syrie, déclaration qui a été faite à l’occasion du passage à Paris du fils de Hafez El Assad. Au cours de cette déclaration, Ehoud Barak a même précisé qu’il était à peu près sûr de pouvoir, sans arrière-pensée, donner l’ordre à l’armée israélienne de regagner ses frontières internationales du nord du pays, c’est à dire l’évacuation de la partie du Liban encore sous contrôle de l’armée israélienne.

Ce 9 novembre est décidément une date lourde en rappels historiques, puisque la terrible Nuit de Cristal s’est déroulée le 9 novembre 1938, et que le Général De Gaulle s’éteint le 9 novembre 1970. 10 novembre 1999 Ce matin, à la télévision, des images de l’armée israélienne, déménageant, manu militari, les derniers colons de Habat Mahon, une implantation sauvage en Judée-Samarie, dans le sud de la Cisjordanie. Plusieurs centaines de Juifs y sont retranchés. L’armée israélienne les déloge un à un, sans brutalité, mais ils se laissent emporter comme des colis, des images qui ne sont pas sans rappeler celles de certains « sitting » des années soixante.

Au Maroc, le nouveau roi Mohammed VI vient de limoger le ministre de l’Intérieur, Driss Basri, l’homme politique le plus important et le plus puissant depuis 25 ans. Il était en fait l’éminence grise de Hassan II et, pour ainsi dire, le véritable Premier Ministre, puisqu’il avait la haute main sur les bagnes, dirigeait la police, signait l êté d’ l i dé id it d l presse, y compris celle de l’opposition, pouvait se permettre d’écrire. C’est lui qui, avec l’approbation du Roi, nommait les gouverneurs de province, et possédait ainsi tous les pouvoirs sur l’administration, ce qui lui permettait de redistribuer les faveurs royales.

Par ce geste, Mohammed VI a tenu à marquer d’une part la continuité et la force du pouvoir, d’autre part la façon dont il tenait à se démarquer de la silhouette politique de son père.

On doit aussi signaler le retour d’Abraham Sarfati, un des prisonniers les plus célèbres sous le régime de Hassan II.

Avec l’approche de l’hiver, la situation s’aggrave en Tchétchénie. Les bombardements russes continuent, de même que les déclarations du Kremlin prévoyant la fin de la guerre avant Noël.

Les populations fuient les centres urbains. On a vu certaines familles s’installer à quelques kilomètres de Grozny, sur une voie ferrée, dans des wagons désaffectés. 11 novembre 1999 C’est le défilé habituel sur les Champs Elysées, et la présentation médiatique et télévisuelle des survivants de la Grand Guerre. Bien sûr, ce sont de pitoyables vieillards, presque centenaires, qui titubent sur leurs jambes et dans des discours qu’on leur arrache difficilement. 12 novembre 1999 Point culminant dans l’affaire du bœuf de Grande-Bretagne. Chacun campe sur ses positions, la France (ainsi que l’Allemagne, d’ailleurs) maintient l’embargo alors que la date buttoir du 16 novembre, fixée par Bruxelles approche. 18 novembre 1999 On commence à faire le bilan des terribles inondations du 15 novembre dans le sud-ouest.

P l’i t t l hiff d 30 t t é

ainsi que celui des dégâts qui s’exprime en centaines de millions. Le plan Orsec a bien sûr été déclenché, et l’état de catastrophe naturelle proclamé.

En dépit des séïsmes, des inondations, des guerres, le troisième jeudi de novembre a vu comme chaque année le baujolais nouveau arriver. Une foule en liesse a fêté l’événement toute la nuit dans les rues de Baujeu. 22 novembre La grève à la radio et à la télévision se poursuit. Elle dure maintenant depuis une semaine. 23 novembre 1999 Hier, à Alger, Abdelkader Hachami, numéro 3 du FIS modéré, qui avait opté pour les propositions de concorde civique du Président Boutéflika, a été assassiné alors qu’il se trouvait dans la salle d’attente de son dentiste. 25 novembre 1999 Depuis 2 ou 3 jours déjà, un gros débat politique, fortement médiatisé, s’est installé entre Israël et le Vatican. A l’origine du différent, l’autorisation accordée par Ehoud Barak de la pose de la première pierre d’une mosquée qui sera édifiée quasiment au pied d’un grand lieu saint chrétien.

On est en droit, à ce propos, de se demander ce que valent les différentes déclarations concernant « les Peuples du Livre » les grandes phrases sur l’ancêtre commun Abraham, sur ce Dieu unique qui n’aurait que le tort d’avoir plusieurs noms !

En quoi cela peut-il gêner les Chrétiens qu’une mosquée soit édifiée presque en face d’une cathédrale ? Il me revient en mémoire que, dans ma ville natale, les Français, après l’occupation de Constantine en 1837, avaient « annexé » la mosquée située près du palais du bey, pour en faire une cathédrale. Ni plus, ni moins. Il se trouve que, depuis l’indépendance de l’Algérie, cette redevenue une mosquée. La prière ne devrait pas avoir besoin de vêtement. 27 novembre 1999 Trois nouveaux attentats en Corse, attentats qui devaient tuer, selon les mots mêmes de Jacques Chirac. 27 et 28 novembre 1999 En Algérie, sur deux faux barrages de police, 27 personnes ont été assassinées. La terreur vat-elle reprendre ? 28 novembre 1999 Mort d’Alain Peyrefitte, un des barons du gaulisme qui fut aussi un écrivain estimable et un académicien respecté. Il serait intéressant de savoir si, dans les années à venir, le nom d’Alain Peyrefitte restera attaché à sa qualité d’écrivain ou à son passé d’homme politique.

L’ETA, l’organisation terroriste basque, annonce qu’elle met fin à la trève qu’elle observait depuis 14 mois, et qu’elle va reprendre les armes. Inquiétudes dans les milieux concernés, aussi bien français qu’espagnols. 29 novembre 1999 Nous sommes à la veille de l’ouverture du sommet de l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce. Depuis plusieurs semaines déjà, la presse est pleine de nouvelles concernant cet événement.

Cette réunion peut en effet être qualifiée d’événement à cause de la présence, pour la première fois, de ce qu’on a appelé la « société civile ».

D’innombrables manifestations ont déjà eu lieu à Seattle où doit s’ouvrir l’OMC, manifestations dans lesquelles il faut noter la présence très médiatisée de l’agriculteur José Bové, devenu figure emblématique de la contestation contre la mondialisation du commerce.

30 novembre 1999 Ouverture du sommet de l’OMC, mais le spectacle est d’abord dans la rue où défilent et manifestent toutes les ONG regroupées à Seattle.

L’agitation est telle que le maire a décrété l’état d’urgence. José Bové est devenu une véritable star aux Etats-Unis, et le roquefort une matière première pour la presse d’outre atlantique.

Irlande du nord : un miracle ! Pour la première fois, un gouvernement unioniste a vu le jour, composé de 5 protestants et de 5 catholiques.

Mais bien sûr, Londres garde toujours la mainmise sur la Défense et sur la politique étrangère. 2 décembre 1999 Scènes de violence à Seattle en état de siège depuis plusieurs jours. Mais apparemment, les premiers pourparlers se sont enfin engagés cette nuit.

On apprend, par ailleurs, que, contrairement à ce que l’on croyait, les implantations en Cisjordanie se poursuivent. Des travaux de construction sont en cours à quelques centaines de mètres seulement des mosquées dans Jérusalem Est.

Yasser Arafat compte contacter très vite Paris et Washington. Et le processus de paix risque d’être une nouvelle fois interrompu dans les jours qui viennent.

Première réunion, en Irlande du nord, d’un Conseil des ministres autonome, libre et indépendant. 3 décembre 1999 Dès ce soir, va se dérouler pendant 30 heures, le 13ème Téléthon, cette manifestation qui vient en aide à la recherche sur les maladies génétiques. 4 décembre 1999 Echec quasi total du sommet de l’OMC.

Michèle Alliot-Marie est élue à la présidence du RPR, battant Jean-Paul Delevoye, supposé êt l did t d l’El é 5 décembre 1999 La France perd la Coupe Davis de tennis au profit de l’Australie. 6 décembre 1999 Pour la quinzième année consécutive, ouverture de la campagne des Restos du Cœur.

En Tchétchénie, la bataille de Grozny a réellement commencé. La ville est totalement encerclée et la situation sanitaire et alimentaire est catastrophique. La population vit enterrée dans des sous-sols et des caves. 8 décembre 1999 Au conseil des ministres, ce matin, un projet de loi de Jean-Pierre Chevènement sur la parité, ou comment favoriser l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. C’est la mise en œuvre d’une révision constitutionnelle votée en juin dernier.

Grève des urgences dans quelques uns des grands hôpitaux parisiens. Cette grève semble justifiée lorsqu’on est témoin de l’accueil résevé aux malades, de l’attente interminable sur des charriots dans les couloirs et lorsqu’on voit le dévouement de médecins et d’infirmières débordés parce qu’en nombre insuffisant. 9 décembre 1999 On apprend ce matin que les pourparlers de paix reprennent entre Israël et la Syrie. Nouvelle qu’on peut qualifier d’historique quand on songe que ces négociations avaient été interrompues en 1996 par Shimon Peretz, alors Premier Ministre, à la suite des attentats-suicide dans Tel Aviv et Jérusalem.

Le président Clinton aurait laissé entendre que Hafez el Assad ne ferait plus un préalable de l’évacuation du Golan. Il faut rappeler que le Golan, ce plateau qui surplombe le nord d’Israël, avait été occupé par l’armée israélienne è l d 1967 é

Pour constater à nouveau l’importance des Etats-Unis dans le processus de paix, il n’est que de regarder l’emploi du temps de Madeleine Allbright qui a rendu visite mardi dernier à Hafez el Assad avant d’aller trouver Ehoud Barak, sans oublier sa rencontre avec Yasser Arafat.

C’est la même Madeleine Allbright qui a qualifié la reprise des pourparlers entre Israël et la Syrie d’événement historique.

Ce 9 décembre est aussi le premier jour du Ramadan musulman. Est-il superflu de souhaiter que cette grande fête de l’Islam ne se traduise pas en Algérie, comme cela a été le cas depuis 3 ans, par une recrudescence des massacres ? Malheureusement, il faut constater que depuis le début novembre 200 personnes ont déjà été assassinées.

La France vient d’annoncer, ce matin, qu’elle maintenait l’embargo sur le bœuf britannique, ce qui a, bien sûr, soulevé une vague de protestations en Grande-Bretagne, ainsi qu’une déclaration indignée de Tony Blair. 11 décembre 1999 Mort de Frangio Tudjmann, président de la Croatie et père de l’indépendance croate contre le joug communiste.

Grozny continue de subir les bombardements russes. Le fameux corridor humanitaire proposé par la Russie pour l’évacuation de la population est resté curieusement désert. 12 décembre 1999 Evénement qui mérite d’être signalé : au cours d’un colloque organisé à l’Alliance Israïlite, à Paris, sur le thème des Juifs du Maghreb et particulièrement d’Algérie, on a vu arriver l’ambassadeur d’Algérie et une équipe de la télévision algérienne.

Nous sommes bien là devant une illustration concrète des propos et des promesses formulés, cet été, par le Président Boutéflika quant à l’hommage qu’il voulait rendre à la communauté juive de Constantine.

Pour la première fois depuis le début du Ramadan, un massacre a été perpétré entre Blida et Médéa : dans deux véhicules, interceptés et brûlés, 15 personnes ont trouvé la mort. Ce qui porte le nombre de tués en Algérie depuis le 1èr novembre à plus de 250 personnes. 14 décembre 1999 Rencontre entre Lionel Jospin et tous les représentants de l’assemblée territoriale corse pour trouver une « sortie » au problème de la violence dans l’île, problème qui a fait l’un des gros titres du feuilleton médiatique de cet été. Un calendrier a été mis au point, une commission créée, et des groupes de travail constitués.

Les Etats-Unis se préparent à restituer à Panama, le canal qu’ils avaient construit il y a 87 ans. Cette restitution comporte aussi celle de la zone territoriale qui entoure le canal.

Ce matin, 14 décembre, les « petites affaires « de la famille Tibéri continuent : d’une part, le maire de Paris va devoir faire voter son budget par une majorité (de droite) qui en conteste certains aspects, d’autre part, Xavière Tibéri doit apprendre aujourd’hui si sa condamnation à 6 mois de prison avec sursis et à 200 000 F. d’amende, pour l’affaire grotesque du rapport, est confirmée.

En Israël, la Knesset a voté la poursuite des pourparlers avec la Syrie. Sur un total de 102 sièges, le vote a été acquis par 41 voix pour, 27 voix contre, et 34 abstentions. Il reste que l’opposition minoritaire manifeste de façon plus ou moins musclée dans la rue. On apprend, par ailleurs, que les forces de l’ordre ont abattu 2 militants du

En Algérie, les massacres deviennent presque quotidiens : 11 nouvelles personnes assassinées hier au sud d’Alger, 11 nomades d’une même famille.

Depuis 2 jours maintenant, nouveau risque de marée noire pour la France. Un pétrolier maltais, sous pavillon de complaisance bien sûr, le Erika, s’est littéralement cassé en deux au large du Finistère. On tente, pour l’instant, de remorquer le plus loin possible des côtes, la moitié arrière qui n’a pas encore coulé. Une nappe de pétrole très visqueux menace les côtes bretonnes et même les côtes plus au sud de Vendée.

Nouvelles rodomontades russes en ce qui concerne la Tchétchénie. Les généraux russes annoncent que Grozny tombera avant une semaine ou 10 jours au plus tard. Il faut se rappeler qu’au tout début de cette guerre, il y a plus de 3 mois, le pouvoir annonçait que les « opérations de nettoyage des bandits tchétchènes » ne dureraient pas plus d’une dizaine de jours. 15 décembre 1999 Xavière Tibéri a été acquittée pour vice de forme.

Ce matin, Ehoud Barak arrive à Washington.

Le chef de la diplomatie syrienne l’avait déjà précédé la veille. Bien que la négociation s’annonce très longue, il reste que les pourparlers vont reprendre. Le problème du Golan, au centre de toute la discussion, posera la grave et incontournable question de l’eau à distribuer dans la région. 18 décembre 1999 Apparition en France, pour la première fois, de ce qu’on nomme aux Etats-Unis, un « serial killer ». En effet, le cadavre d’une troisième jeune femme assassinée dans un train a été découvert.

Nouveau massacre en Algérie : 12 personnes assassinées à la sortie d’une mosquée, ce qui porte à 70 le nombre de victimes depuis le début du Ramadan. Quelle est la finalité de ces massacres ? Quel pouvoir, quelle domination recherchent ceux qui les perpètrent ? 19 décembre 1999 Aujourd’hui, Macao est de nouveau partie intégrante de la Chine. L’enclave, qui était sous domination portuguaise depuis 400 ans, rejoint ce qu’il est convenu d’appeler la mère patrie. Et déjà, certains commentateurs évoquent le rattachement de Formose à la Chine.

Grozny n’est toujours pas tombée aux mains des Russes. Toujours les mêmes images de vieillards, d’enfants, vivant sous des ruines, tandis que Moscou annonce la tenue d’élections législatives, élections dans lesquelles Vladimir Poutine, l’actuel Premier Ministre joue sa crédibilité et son futur mandat de Président.

Les inondations du Vénézuela auraient fait plus de 30 000 morts. 20 décembre 1999 C’est lundi, le lendemain des élections législatives en Russie. Grande surprise, le parti qu’on appelle le parti du Kremlin, le parti de Vladimir Poutine, sort vainqueur de ces élections, même si les résultats en sont, pour l’instant, partiels.

L’issue de la guerre en Tchétchénie est très importante pour l’avenir politique de l’actuel premier ministre, véritable émanation de Boris Etsine. Vladimir Poutine travaille essentiellement en prévision des élections présidentielles prévues dans 6 mois. Pour la première fois depuis le démantèlement de l’Union Soviétique, la Douma ne sera plus dominée par le Parti Communiste. 24 décembre 1999 Voilà 15 jours que le pétrolier Erika a sombré au large du Finistère. Il est maintenant sûr que

la marée noire va atteindre ls côtes françaises, essentiellement les côtes de l’île d’Yeu, de Belle- Isle, de l’île de Ré, peut-être.

Béthléem fête son jubilee, c’est à dire l’entrée de l’année sainte, la 2000 ème après la naissance du Christ. On annonce la présence à la messe de minuit de Yasser Arafat, du président du Guatemala, du président du Vénézuela, de l’abbé Pierre aussi.

Un peu avant Noël, une terrible tempête s’est abattue sur la France, dévastant tout sur son passage. Les régions les plus touchées sont la Bretagne et l’Ile-de-France.

Le 26 décembre, une deuxième tempête, plus au sud, a dévasté la Gironde et le Centre de la France. Les dégats se chiffrent par milliards. On ne compte plus le nombre de foyers privés d’électricité, d’eau et de chauffage. Le patrimoine forestier français est mutilé.

Hier, coup d’état militaire en Côte d’Ivoire.

Le président semble s’être réfugié à l’ambassade de France à Abidjan.

Samedi 1er janvier 2000 La grande peur nostradamique n’a pas eu lieu.

Le bogue dont les médias avaient fait tout au long de l’année l’emblème d’une catastrophe planétaire ne s’est pas produit. Les ordinateurs de toutes les banques du monde, ceux qui régissent les compagnies d’aviation, les ascenseurs, les routes, les transports de toutes sortes, ont sagement continué leur bonhomme de chemin, à croire que les puces étaient dotées d’une intelligence frileuse et protectrice.

Le spectacle de la fête de l’an 2000 dans les principales villes du monde a été grandiose et magnifique. Mais, étrangement, l’homme de la rue, c’est à dire vous ou moi, n’a pas perçu ce passage dans le troisième millénaire comme un événement qui serait venu bouleverser sa vie quotidienne. Le matraquage médiatique est parfois obligé de céder le pas devant le simple bon sens.

Lundi 3 janvier 2000 Grozny toujours sous les bombes. Les prévisions des généraux russes restent pour l’instant lettre morte. Les mêmes populations exténuées continuent de se terrer sous les ruines.

La marée noire a réellement meurtri les côtes françaises. Les images des bénévoles en train de ramasser les petites billes noires et gluantes ou tentant de sauver les oiseaux mazoutées, paraissent en même temps extraordinaires et dérisoires. La masse visqueuse a atteint ce matin un des joyaux du tourisme français : l’île de Ré.

En manière de conclusion provisoire.

Je sais bien qu’il est présomptueux de vouloir immobiliser le temps, mais il faut bien savoir mettre un terme à un «papier».

Je n’ai pas spécialement choisi de m’arrêter à cette date du 3 janvier, j’ai simplement voulu faire entrer notre revue dans cette dernière année du 20e siècle, sachant que je ne pourrai pas le faire pour la dernière du 21e.

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