C’est entendu, nous vivons le temps d’une guerre qui ne dit pas son nom. Elle a commencé dans les sables, avec la fureur des canons et le tonnerre des chasseurs supersoniques. Elle s’est transformée, et s’est introduite dans les villes, avec des pierres, des enfants et des adolescents. Voici qu’elle se poursuit dans le gargouillis abominable d’un homme aux mains entravées qu’on étrangle posément.
C’est une guerre, même si elle ne dit pas son nom. Doit-on, que l’on en approuve la finalité ou qu’on la condamne, en comprendre, sinon en excuser les mécanismes et les moyens ?
Il nous est intolérable de voir assassiner un homme dans sa prison, fût-elle une prison militaire. Et nous pensons, à ce propos que les médias ne se sont pas beaucoup émus de cet assassinat. Il ne faut pas oublier que ces expulsés-là sont ceux qui, dans d’autres pays où la religion musulmane est religion d’État, sont enfermés aux confins du désert ou même abattus à vue, pour la bonne raison qu’eux-mêmes abattent les forces de l’ordre de ces pays.
Mais il nous est aussi intolérable de voir l’État d’Israël, que nous aimons pour ce qu’il représente pour nous, et parce qu’il reste l’une des rares démocraties de cette région du globe, pratiquer ce genre de réponse collective à ce type de crime.
La société, issue du peuple du Livre, cette société née en même temps du rêve de Théodore Herzl et du cauchemar de l’Holocauste, ne peut répondre par une rétorsion massive, et donc en quelque sorte anonyme (voir l’erreur reconnue par Tsahal sur la responsabilité de 7 des palestiniens expulsés), à un pouvoir fondé sur la prise d’otages et le monolithisme politique.
Cette expulsion de plus de 400 Palestiniens reste pour nous, non seulement une faute en ce qu’elle porte atteinte aux droits de l’homme, mais une maladresse en ce qu’elle ne règle, et ne peut régler en aucune manière un problème qui à l’évidence, ne relève ni de la dent, ni de l’œil, mais de la parole.